COVID-19: les réservations pour des vacances à l’extérieur du Canada sont en augmentation

Les agences de voyages constatent une augmentation des réservations à l’étranger à l’approche de la semaine de relâche, mais une éventuelle montée en flèche dépendra de la mesure dans laquelle le gouvernement fédéral allégera les règles sur les tests de dépistage de la COVID-19, estime l’industrie aérienne.

Les réservations vers les destinations soleil via Tripcentral.ca dépassent désormais 50 % de leurs niveaux prépandémiques, avec une légère augmentation au cours du week-end, alors qu’une rumeur faisait miroiter une éventuelle réduction des exigences entourant les tests, a observé le président Richard Vanderlubbe. Les appels se succèdent si rapidement que M. Vanderlubbe dit avoir du mal à embaucher suffisamment d’employés pour les gérer, après que son entreprise a dû mettre à pied près de 60 % de ses employés et fermer 26 de ses bureaux en Ontario et dans le Canada atlantique. « L’ensemble de l’industrie constate que nous manquons de personnel en ce moment, pour cette augmentation qui s’annonce. Et nous sommes toujours en train de gérer les annulations qui se sont produites auparavant et les changements de réservation subséquents » _ une tâche qui demande particulièrement plus de temps aux consommateurs et aux agents, a-t-il souligné lors d’un entretien téléphonique.

La porte-parole de Flight Centre, Allison Wallace, prédit un rebond soutenu de l’industrie, estimant que la confiance envers la sécurité des voyages se renforce parce qu’environ 80 % des Canadiens sont désormais doublement vaccinés. « Nous sommes extrêmement occupés, car nous avons constaté une augmentation significative des demandes de renseignements et des réservations. L’année dernière (…), il y avait beaucoup plus d’incertitude autour des restrictions et les exigences frontalières changeaient régulièrement », a-t-elle affirmé dans un courriel. « Le test PCR à l’arrivée est le plus grand moyen de dissuasion pour les gens en ce moment et si le gouvernement annonce en fait sa suppression (ou même un test antigénique rapide à la place), nous nous attendons à voir les réservations augmenter considérablement au-delà de la relâche de mars. »

Alors que les réservations pour le mois prochain restent à 40 % des niveaux prépandémiques, le nombre de départs a augmenté de plus de huit fois par rapport à l’année précédente, lorsque les compagnies aériennes canadiennes avaient suspendu leurs vols vers des destinations soleil. Ottawa continue d’imposer des tests moléculaires de dépistage avant le départ et à l’arrivée, même si les compagnies aériennes et les spécialistes des maladies infectieuses réclament la fin des tests de voyage et que des pays comme le Danemark, la Suisse et le Royaume-Uni suppriment les exigences pour les passagers vaccinés.

Échéanciers clairs réclamés

La Table ronde canadienne du voyage et du tourisme demande au gouvernement fédéral d’établir une feuille de route avec des échéanciers clairs sur le retrait des tests avant le départ et à l’arrivée, des règles d’isolement pour les passagers vaccinés et leurs enfants, ainsi que des avertissements aux voyageurs. « Depuis le début de la pandémie, seulement 1 % de tous les cas de COVID-19 au Canada ont été liés aux voyages, et tout au long de la dernière vague, le taux de positivité des tests dans les communautés a atteint dix fois ce qu’il était à nos frontières », a affirmé lundi la Table ronde dans une lettre au premier ministre.

Les règles de voyage ont été conçues pour empêcher le virus d’entrer dans le pays, mais la propagation dans la communauté est désormais responsable d’environ 99 % de toutes les infections, a indiqué la semaine dernière le Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital St. Joseph de Hamilton et professeur agrégé à l’Université McMaster. Privilégier les voyages pour les tests de COVID-19 « n’a aucun sens », car ce n’est pas une activité plus risquée que d’autres, a-t-il fait valoir.

Les tests PCR donnent souvent des résultats positifs pendant des semaines après un diagnostic de COVID-19, empêchant inutilement les personnes infectées pendant la vague Omicron de voler dans le pays, a poursuivi le Dr Dominik Mertz, directeur de division des maladies infectieuses à McMaster. L’ampleur de la reprise des voyages dépendra du degré de réduction des tests. « Le diable va être dans les détails avec une annonce de test PCR. Vont-ils le remplacer par un antigène? Vont-ils lever l’avertissement aux voyageurs? » a demandé M. Vanderlubbe, de Tripcentral.ca.

Pour l’instant, les familles avec enfants de moins de cinq ans qui partent à l’étranger doivent également mettre leurs enfants en quarantaine pendant deux semaines à leur retour, car tous les résidants non vaccinés doivent s’isoler après être rentrés dans le pays. Santé Canada a approuvé les vaccins contre la COVID-19 pour les personnes âgées de cinq ans et plus. Un autre élément dissuasif pour les voyageurs est l’avertissement fédéral contre les voyages à l’étranger, qui a un impact sur les polices d’assurance et augmente les coûts pour les passagers.

« L’avertissement aux voyageurs est un élément majeur, car il annule l’assurance médicale sur les polices standard pour la COVID. Les gens doivent acheter des polices supplémentaires. Donc, si l’avis aux voyageurs passe de « éviter tous les voyages non essentiels » à des avertissements spécifiques aux pays, comme c’était le cas plus tôt, à la fin octobre, nous pourrions voir une plus grande résurgence », a estimé M. Vanderlubbe.

Crédit photo: Archives.

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