NDLR: À compter d’aujourd’hui, le journal publie une série de textes dans lesquels des personnalités acadiennes nous font découvrir leur petit coin de pays, où ils sont nés ou où ils ont choisi de vivre.

Cet été, des personnalités acadiennes présentent la communauté où se trouve leur maison ou leur origine. L’entraîneur de golf, Louis Melanson, accompagne l’Acadie Nouvelle où il a grandi: Sainte-Marie-de-Kent.

Louis Melanson considère que le centre de Sainte-Marie-de-Kent est soutenu par trois piliers: l’église, l’école et le centre d’exposition. Il surnomme l’endroit «le triangle des Bermudes».

«C’était très communautaire», décrit-il à propos de l’époque de son école primaire.

Le centre d’exposition était un aréna quand le quinquagénaire était jeune. Il regrette que les hockeyeurs doivent maintenant pratiquer leur sport à Cocagne ou à Bouctouche.

«Ç’a eu un effet néfaste sur la communauté, juge l’ancien joueur des Aigles Bleus de l’Université de Moncton. C’est un lieu de rencontres en moins.»

Il avance que la fermeture du restaurant Bellevue l’année dernière est une conséquence possible de cette disparition.

«C’était un lieu de socialisation pour les jeunes après les parties de hockey», se souvient-il.

Les fermetures d’une succursale d’UNI et d’un magasin ont aussi contribué à la diminution des services au centre du village.

Le cimetière de Sainte-Marie-de-Kent derrière l’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin

Constructions

«Il y a davantage de gens, observe cependant M. Melanson à propos du District de service local (DSL) de 900 habitants. Il y a beaucoup plus de chalets et de roulottes sur le bord de l’eau. C’est devenu un lieu de villégiature.»

Au volant de sa voiture, celui qui a grandi jusqu’à 15 ans avec son frère grâce à l’unique salaire d’un travailleur du CN s’émerveille des nouvelles résidences qui font face à la rivière Bouctouche.

«Astheure, les belles maisons construites… wow, s’exclame-t-il en se rappelant peut-être l’habitation toute simple de sa jeunesse. C’est plus grandiose qu’avant.»

Lui-même pense constamment à s’acheter une demeure estivale à Sainte-Marie-de-Kent.

«C’est paisible et c’est calme, fait valoir celui qui habite Moncton depuis l’obtention de son diplôme d’enseignant en éducation physique. Et c’est central! Bouctouche, le Pays de la Sagouine, la plage et Moncton sont proches.»

Pour l’instant, il y retourne pour se recueillir sur la tombe de sa mère, pêcher la truite avec ses filles, retrouver des connaissances à la foire agricole annuelle et se changer les idées à la vue des fermes, de la nature et des champs.

«Il y en a perte de vue, s’enthousiasme-t-il en conduisant le long de prés verdoyants où paissent des vaches et des chevaux, et où se dressent des silos à grains. Il n’y a pas de gros stress ici. C’est aussi pittoresque et accueillant.»

M. Melanson se souvient même d’une Sainte-Marie-de-Kent encore plus agricole.

«J’ai beaucoup aidé mon grand-père qui avait une ferme, raconte-t-il. On faisait les foins. Ça nous donnait de l’argent de poche pour les manèges de la foire de l’été.»

La maison natale de l’entraîneur de golf, Louis Melanson, à Sainte-Marie-de-Kent. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin

Fierté

L’entraîneur de golf a aussi commencé à pratiquer son sport en tirant dans les champs autour de chez lui.

«J’avais 15 ans. Mon père nous avait acheté un bâton et quelques balles. Moi et mon frère, nous les perdions en les envoyant le plus loin possible puis nous les retrouvions au printemps d’après», évoque-t-il.

M. Melanson considère également le quai de Sainte-Marie-de-Kent, aménagé avec un chapiteau de bois, une crémerie, un camion de cuisine de rue et une rampe pour les bateaux comme une nouveauté.

«C’était le lieu de rencontre pour les baignades. On sautait du pont, s’amuse-t-il. Dans ce temps-là, les activités extérieures n’étaient pas encore développées. Mais on aurait pu se casser le cou, ici. On était jeune et stupide.»

Mais l’homme de 52 ans ne renie rien.

«Les gens sont quand même fiers de leur appartenance à Sainte-Marie-de-Kent, assure-t-il en s’incluant parmi eux. C’est leur endroit!»

Le quai de Sainte-Marie-de-Kent au bord de la rivière Bouctouche. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin

Sainte-Marie-de-Kent, une communauté vivante

Que deviendra Sainte-Marie-de-Kent après la réforme de la gouvernance locale du ministre Daniel Allain?

La question reste ouverte. Les résidents du District de service local (DSL) eux-mêmes attendent encore l’occasion de s’exprimer sur le sujet.

«L’ancien conseil du DSL n’a organisé aucune consultation de la population, pointe le nouveau président, Joel MacIntosh. On va essayer d’en organiser une en septembre pour la prochaine phase des consultations avec le gouvernement.»

Le représentant évite d’exprimer son opinion. Malgré tout, sa communauté ressemble bel et bien à une petite ville grâce à son centre identifiable.

«C’est enthousiasmant et surprenant d’en être le président, exprime M. MacIntosh. C’est vraiment vivant. Beaucoup de gens sont venus de l’extérieur pour acheter des maisons et il y a beaucoup de petites entreprises.»

L’assiette fiscale du DSL est ainsi passée de 106 millions $ en 2016 à 118 millions $ en 2021.

«L’intérêt est là», s’enorgueillit également le président du comité de parc et quai de Sainte-Marie-de-Kent, Martin Allain, à propos de l’immobilier.

Deux membres du comité parc et quai de Sainte-Marie-de-Kent, Serge Arsenault (à gauche) et Martin Allain. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin

Son vice-président, Serge Arsenault fait valoir en même temps que les collines de l’endroit restent vertes et que les fermes demeurent présentes.

«Wah! C’est de toute beauté», s’exclame l’ancien résident du Grand Moncton en décrivant un panorama bucolique.

Les deux hommes se réjouissent en outre de l’engagement communautaire de leurs voisins, qui ont remis en état le cimetière, construit les installations du quai et enlevé des tonnes de déchets des fossés.

«Une communauté comme Sainte-Marie-de-Kent nécessite de l’implication bénévole et c’est ce qui se passe, se félicite M. Allain. Non seulement de la part des citoyens, mais aussi des entreprises qui donnent du temps, de l’équipement et de l’argent pour nous aider.»

M. Arsenault confirme la solidarité des habitants du village.

«C’est un bel endroit pour élever une famille», juge-t-il.

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