Communion: la controverse aurait pu être évitée

La controverse ouverte impliquant l’empressement fébrile et sans réserve de l’évêque de Moncton à se diriger vers le premier ministre Stephen Harper et lui offrir la communion brise l’unité de l’Église.
Dans la frénésie du moment, le déplacement pédestre en hâte de l’évêque fixa M. Harper dans l’embarras, et on peut comprendre que le politicien non catholique n’a pas voulu contrarier le prélat. À engager le chef d’État à la réception de la communion, nous ne sommes pas loin d’une sollicitation.
Diffusée autour du monde, cette déplorable communion aurait pu être évitée par une disposition protocolaire préfunéraire entre le Conseil privé du Cabinet et la direction diocésaine; ou par une instruction sur place de la norme canonique; ou encore par le positionnement stationnaire de l’évêque au centre à la file d’attente. La liberté de conscience aurait été exercée, sans occasionner conséquemment de malaise chez le dignitaire fédéral.
Les critères de «respect démontré» et «occasions importantes» avancées par Mgr Richard et le prêtre célébrant principal Arthur Bourgeois pour justifier l’offrande du sacrement sont d’une légèreté non pastorale et illicite. Dieu ne recherche pas la courtoisie humaine et l’honneur séculier dans les âmes: Il attend un coeur contrit et libéré en état de Le recevoir.
La Parole dit: «(…) celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit sa propre condamnation». Alors, si les âmes consacrées connaissent leur théologie en la matière, il est irresponsable de contourner cette vérité mystique.
L’odieux du sacrilège se porte sur qui: le récipiendaire non instruit ou le distributeur ordonné connaissant?

DONALD SONIER
Moncton