Un geste honteux à Caraquet

Le sociologue suisse Pierre-Michel Menger disait que «les oeuvres ont une valeur pour la société tant qu’elles sont l’objet d’un flux de questionnements». C’est tout de même étonnant de voir que Caraquet, choisie Capitale culturelle du Canada par Patrimoine canadien, ait méconnu et enlevé une œuvre qui ajoutait une touche artistique à la devanture de son hôpital.
Je sympathise avec l’artiste et la communauté artistique pour qui ce geste honteux constitue un affront. Si on rayait l’art de nos vies et de notre environnement, que nous resterait-il pour nous rappeler que l’imaginaire peut nous amener à transcender le monde?
«Départie de son identité culturelle, la ville n’est qu’une enfilade de centres commerciaux et les villes les plus prospères du monde se reconnaissent à leur identité culturelle». (Économie et Société, 20 mai 2009)
Je souhaite que cette triste nouvelle n’arrive jamais aux oreilles du comité de sélection du prestigieux concours de Capitale culturelle de Patrimoine canadien… et qu’une institution d’une autre ville du Nouveau-Brunswick récupère la statue Stellaire, remarquable création de Suzanne Cormier Dupuis, et ce faisant, rétablisse le fait que l’art est une valeur essentielle pour la qualité de notre environnement, un fait que les autorités de Caraquet, malheureusement, semblent ignorer.

BENOÎT DUGUAY
Président du Conseil
des arts du N.-B.
Moncton