Romanciers: deux grands oubliés

Une revue littéraire québécoise, nuit blanche, consacre une bonne partie de son dernier numéro à la littérature acadienne. Ce Spécial Acadie comporte trois volets: roman, poésie et théâtre. J’ai tout lu et j’ai réellement apprécié: ce dossier permet d’accéder, de façon succincte, à une masse impressionnante d’information au sujet de notre littérature et de ses au­teurs.
Je me suis spécialement attar­dé à la partie dédiée au roman. Le lecteur que je suis connaît et aime la plupart des romanciers dont il est question dans cette section.
Toutefois, j’ai été consterné de constater l’absence de deux de nos écrivains acadiens de valeur: Edmond Landry et Jocelyne Mallet-Pa­rent.
M. Landry, depuis les années 1990, a à son actif sept livres: Alexis, La dernière bataille, La Charlotte des battures, Les carnets de Rachel, Tombés du ciel, Edmond Landry… et la vie continue et Gabrielle et son chien Jade. Il est récipiendaire du prix France-Acadie pour La Charlotte des Battures.
Mme Mallet-Parent, depuis 2007, nous transporte dans des univers variés avec ses romans: Sous le même soleil, Ariane-L’éclaboussure et Dans la tourmente afghane. Elle aussi est lauréate du prix France-Acadie pour Sous le même soleil, son premier roman. À la défense de chacun de ces deux valeureux chevaliers de la plume, je ne sens pas le besoin d’en rajouter: leur oeuvre respective s’en charge magistralement.
Je ne comprends pas qu’un article traitant du roman acadien depuis 1990 ignore ces deux romanciers de mérite. Il semble que M. Landry et Mme Mallet-Parent ne cadrent pas au schè­me d’analyse privilégié par l’auteur de l’article, Raoul Boudreau, professeur titulaire au Départe­ment d’études françaises de l’Uni­versité de Moncton. Pour­tant, ces deux romanciers au­raient dû être au moins mentionnés dans la partie de son article consacré aux autres écrivains, ceux n’appartenant pas à son groupe restreint d’élus et qu’il considère comme de moindre importance.

Un simple lecteur,
CLARENCE PITRE
Tide-Head