L’industrie pétrolière remise en cause

Les médias ont annoncé que le projet d’une nouvelle raffinerie de 300 000 barils/jour caressé par Irving et un partenaire, venait de subir un retard, à cause de la conjoncture économique. Cette annonce suit celle de la vente ou de la fermeture annoncée par Shell, pour sa raffinerie de l’est de Montréal. Que se passe-t-il dans ces deux dossiers que les promoteurs préfèrent taire?
Serait-il possible que l’avancement de la recherche dans la fabrication de batteries performantes pour alimenter les voitures électriques avance plus vite que l’on s’y attendait
dans les milieux pétroliers? N’oublions surtout pas que General Motors a fait une grave erreur en détruisant les voitures électriques EV1 qu’elle avait produites et mises en location en Californie, au milieu des années 1990. Si GM n’avait pas écouté le gouvernement Bush et détruit ses voitures électriques, que les Californiens ont essayé de sauver en utilisant les tribunaux, elle serait certainement la première société automobile du monde, et non au crochet des USA et du Canada pour assurer sa survie…
Un dossier à suivre, parce que la voiture électrique a un bel avenir, parce que les pétrolières ont eu des appétits beaucoup trop grands. Est-ce que des consommateurs peuvent subir des chocs économiques de l’ordre de 20 à 70 % du seul fait de la volonté des assoiffés de profits? La réponse est non et maintenant, les gens ne font plus confiance à l’industrie pétrolière. Qui pourrait faire confiance à des gens qui utilisent les paradis fiscaux comme le font de nombreux conglomérats pour ne pas payer d’impôt?
Au Québec, la facture d’électricité grimpe ± 2 % par année, les familles peuvent ainsi faire des budgets et les respecter sans être étouffées. De plus, le rendement énergétique de l’électricité est plus élevé que celui du pétrole et l’électricité du Québec ne pollue pas, c’est un autre avantage. En 2008, l’Association médicale canadienne établissait à
21 000 le nombre de décès reliés à la pollution atmosphérique, un chiffre énorme et les premières victimes sont les personnes âgées, celles qui votent le plus aux élections. Est-ce que les gouvernements peuvent ignorer les personnes âgées, avec de telles données?

ANDRÉ MAINGUY
Retraité d’Hydro-Québec
Longueuil, Québec