La «loi du double effet»

Tony Pelletier
Moncton

Je souhaiterais aujourd’hui réagir au texte de Michel J. Cyr, publié la semaine dernière. M. Cyr, je vous remercie de faire connaître: – la possibilité pour les enfants d’être adoptés, plutôt que la tragique destruction de leur vie; – la possibilité pour les mères de confier leurs enfants à des parents, dans la sérénité, plutôt que d’être accablées par le remords.
Je souhaiterais aussi apporter une correction à ce que vous avez dit à propos de «la doctrine catholique (qui dirait) que l’avortement est permis seulement pour sauver la vie physique de la mère».
Je comprends ce que vous essayez de dire, mais la formulation me semble incorrecte.
La vision de l’Église est qu’on ne peut jamais directement tuer la vie d’un innocent.
Ce à quoi vous faites référence semble plutôt être un exemple du principe de théologie morale appelé la «loi du double effet». Si, par exemple, l’utérus de la mère est rongé par un cancer et qu’il est certain que la mère et l’enfant vont tous deux y passer, un médecin peut enlever de la mère l’utérus rongé par le cancer. Il ne s’agit pas d’un avortement. Il n’est pas question de faire quelque chose de mal (tuer l’enfant innocent) pour parvenir à un bien (sauver la mère), ce qui serait inadmissible, mais plutôt d’un effet indésirable (le décès de l’enfant) qui est malheureusement indissociable du retrait de l’utérus cancéreux (une bonne chose en soi). Pour que le retrait de l’utérus soit moralement permissible en vertu du principe du double effet, il faut de plus que l’on n’ait pas pour intention d’attenter à la vie de l’enfant.
Au fond, toute cette procédure n’est pas à rechercher. S’il existe une possibilité de sauver la mère et l’enfant ensemble, ce serait de loin préférable. La mère et l’enfant méritent tous deux que l’on fasse tout ce qui est possible pour les sauver.