L’intimidation est l’échec de la parole

Arsène Richard
Dieppe

Concernant l’intimidation, il y a peut-être lieu de reconnaître que la majeure partie des problèmes humains se règlent par la parole. Par l’usage de la parole. La violence est souvent échec de la parole. Du non-dit ou du trop-dit.

Reconnaissons que l’école traditionnelle a longtemps hypertrophié la tâche d’enseignement en atrophiant celle du dialogue. Le dialogue, c’est la parole à deux. Et la vérité comme la justice commencent à deux.

C’est peut-être le moment de réserver une plus large place au dialogue dans la programmation scolaire.

Ne faudrait-il pas réserver deux ou trois périodes par semaine pour permettre aux élèves d’échanger entre eux? De poursuivre un dialogue structuré animé par quelqu’un qui sache conduire un échange constructif?

À quoi peut bien servir de savoir conjuguer le verbe être si on risque de les perdre (suicide)? Peut-être n’ont-ils jamais pris conscience que leurs pairs ont eux aussi des problèmes, des inquiétudes, des opinions qu’ils veulent partager et qu’ils sont également prêts à écouter. Toute une symbiose peut s’amorcer et aider les jeunes à affronter les défis de leur vie.

Tout d’un coup qu’ils ne savent pas reconnaître une intimidation et ses différentes manifestations. Tout d’un coup que les élèves auraient une ou des solutions auxquelles les adultes n’ont pas pensé… Que penser de ce jeune criminel de 30 ans qui, du fond de sa prison, ne sait pas que les autres aussi ont des droits? Ne s’est-il jamais frotté à eux? Peut-être ont-ils déjà été intimidés par des adultes? Que penser de l’enseignant qui demande à son élève: à quelle heure t’es-tu couché hier soir?

En fignolant des structures à long terme, ne sombrons surtout pas dans les mécanismes oppressifs de primitifs à la Bush et Harper.