Il n’y a pas seulement l’intimidation

Par Alcide F. LeBlanc
Moncton

Au cours des dernières semaines, on a beaucoup parlé d’intimidation dans les médias canadiens et américains. Les nombreux suicides chez des adolescents nous ont fait comprendre l’ampleur du problème. 
Lorsqu’on parle d’intimidation, on pense tout de suite à une relation malsaine entre la victime et le bourreau. Par des paroles, des gestes, des regards ou même des écrits, le bourreau convainc sa victime qu’il va lui arriver des malheurs. L’arme du bourreau? Créer la peur extrême chez sa victime. 
L’acte d’intimidation constitue donc un abus, une forme de violence psychologique, un exercice de pouvoir. En créant une énorme peur chez sa victime, le bourreau sait qu’elle agira selon sa volonté.  
Ainsi, devant cette peur réelle ou fictive, la victime se sent tellement paralysée, démunie, effrayée, qu’elle n’ose en parler ni à ses parents, ni à ses enseignants, ni même à la police.
Du côté du bourreau, la joie s’établit; du côté de la victime, c’est la vie infernale. 
Mais il y a plus que l’intimidation qui fait ses ravages dans la société ou dans le milieu scolaire. Que dire du racisme dont souffrent certaines personnes de différentes races? Des moqueries de la part de certains lorsqu’ils voient des jeunes pauvres ou infirmes? De la jalousie? Du rejet? De l’extorsion? Du chantage? Du harcèlement? De l’homophobie? Et de toutes les autres méchancetés humaines?
Pour mettre un terme à tous ces abus et à ces actes de violence, il faut que s’établisse un dialogue de confiance mutuel entre enfants et parents, entre élèves et école, entre élus et communautés, entre individus et services policiers.
Aussi longtemps que ces actes ne seront pas pris au sérieux, ni dénoncés, nous aurons une société souffrante et malheureuse. Les bourreaux vivront en paix et les suicides se multiplieront.