Abandonnée par le gouvernement

Par Tania McLaughlin
Dieppe

Je suis tout à fait déçue que l’Acadie Nouvelle n’ait fait aucune mention des discussions décevantes au sujet du programme d’assistance en vue des médicaments onéreux, tenue à l’Assemblée législative jeudi dernier. Ce sujet n’affecte certainement pas seulement la population qui lit les journaux anglophones! Au-delà de 30 % de la population du Nouveau-Brunswick souffre financièrement de façon catastrophique face aux coûts exorbitants de médicaments destinés à sauver leur vie. Je viens tout juste de m’ajouter à ce pourcentage et laissez-moi vous dire, ce fut toute une éducation sur le niveau d’assistance, de soutien et de compréhension de nos médias francophones ainsi que de notre gouvernement provincial! Bref, quel manque d’engagement!

Le gouvernement Alward traîne depuis déjà trop longtemps sur le sujet de l’élaboration d’un programme d’assistance pour médicaments onéreux. M. Alward est en train de justement nous démontrer à quel point il est engagé sur ce sujet en laissant dériver le progrès de ce dossier si crucial pour tellement de Néo-Brunswickois. C’est honteux!

Le message que j’ai reçu lors de démarches cherchant de l’aide est clair, si je n’ai pas 65 ans, que je ne bénéficie pas déjà du système d’assistance sociale, que je ne suis pas une criminelle, ou encore que je ne suis pas une réfugiée ou une immigrante, je me retrouve face à mes propres moyens parce que j’ai eu l’audace de me laisser atteindre d’un cancer très rare, traitable seulement par une forme de chimiothérapie qui n’est offerte que par voie orale.

Le jour est triste où l’on se retrouve à souhaiter d’être atteint d’un différent type de cancer afin que son traitement puisse s’offrir par voie intraveineuse afin de bénéficier de la couverture qu’offre notre carte provinciale d’assurance maladie!

Les promesses électorales faites en 2010, sont évidemment des promesses vides et qui ne servaient qu’à amadouer la population du N.-B. lors des élections. Vous pouvez certainement remarquer que j’ai bien du mépris pour mon gouvernement provincial!

Je suis une mère de famille de 39 ans, atteinte d’un cancer très rare qui demande un médicament coûtant 4000 $ tous les 30 jours. L’employeur de mon mari, invalide depuis maintenant 6 ans, a annulé notre régime d’assurance médicaments sans aucune autre raison que de s’enrichir et de se défaire de son engagement envers un employé de longue date, ce qui est un peu en sorte ce que ma province natale m’impose également. Combien d’autres se retrouvent dans des circonstances semblables?

Je refuse catégoriquement de sacrifier la sécurité financière de ma famille parce que j’ai à me battre contre un cancer qui est venu frapper à ma porte. C’est quoi mon recours? D’après le ministère du Développement social, le plan de médicaments sur ordonnance du N.-B. l’assurance maladie et même de mon propre pharmacien, mon problème semble tout simplement géographique! Je suis citoyenne d’une des deux seules provinces au Canada qui n’a toujours pas d’engagement définitif pour aider certaines catégories de sa population. Ma province natale me laisse tomber lorsqu’une province qui m’est étrangère, tel le Québec, est prête à m’accueillir à bras grands ouverts. Je suis tout simplement bouleversée.

Alors, mon souhait pour Noël et le Nouvel An, est de voir couler bien de l’encre à ce sujet et que les gens qui se retrouvent dans le même pétrin que moi crient à haute voix. Peut-être pourrons-nous sauver plusieurs familles au N.-B. d’un désastre financier certain tout en essayant de leur procurer des médicaments onéreux essentiels à leur survie.