Les propos du sénateur Boisvenu sont de nature criminelle

Alcide F. LeBlanc
Moncton

Au Canada, depuis un certain temps, le mois de février est consacré à la prévention du suicide. Malgré cela, le sénateur conservateur Boisvenu, assermenté en mars 2010, n’a pu se taire en suggérant que chaque assassin condamné en prison ait accès à une corde dans sa cellule, ce qui lui permettrait de s’enlever la vie.

Réalise-t-il que l’incitation à un tel acte est en soi un crime condamné et condamnable par nos lois nationales?

À la suite des nombreuses réactions à travers le pays, M. Boisvenu s’est rétracté. Toutefois, il maintient le fond de sa pensée par le fait qu’il avoue que des prisonniers comme Clifford et Olson devraient avoir ce droit, tout comme les autres qui n’ont pas de possibilité de réhabilitation.

De tels propos venant d’un homme s’intéressant au dossier de la justice me convainquent qu’il doit quitter cette responsabilité qui lui a été confiée.

Dans une autre déclaration, cette fois de nature économique, il croit qu’une telle pratique épargnerait de l’argent aux contribuables. Pour cela, il invoque l’affaire Shafia.

M. Harper n’a pas critiqué les propos du sénateur. Il les a justifiés en disant que M. Boisvenu avait un passé tragique étant donné que l’une de ses filles a été assassinée. Ce silence en dit long.

Tout ce scénario a probablement été orchestré pour subrepticement ouvrir le débat sur la peine capitale. Aux dernières Fêtes, lors d’un entretien, M. Harper n’a-t-il pas déclaré que certains crimes pourraient justifier cette mesure?

La peine de mort est une contradiction. Quand les autorités d’un État autorisent cette barbarie, elles expriment la thèse qu’un meurtre prémédité est acceptable! Si cette mesure était si efficace, pourquoi le taux de criminalité augmente-t-il dans les pays qui la pratiquent?