Affichage en français à Dieppe

Jean-Marie Nadeau
président, SANB
Moncton

Le défi de la Ville de Dieppe était de récupérer son image à prédominance française quand elle a légiféré en matière d’affichage. Sa poursuite des délinquants en la matière illustre cette détermination. La géographie fait que Dieppe vit dans un environnement géographique hybride sur le plan linguistique, donc bilingue. La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) prône, dans son projet de révision des lois sur les langues officielles, que l’affichage bilingue se fasse avec une prédominance de la langue majoritaire de la municipalité concernée, pour toute municipalité ayant plus de 20 % d’habitants de l’autre langue officielle. Caraquet, Petit-Rocher ou Saint-Louis-de-Kent pourront, sous ce régime, demeurer des municipalités unilingues françaises dans leur affichage, comme Sussex, St. Stephen ou Woodstock pourront l’être en anglais.

On a toujours dit que notre projet de révision des lois sur les langues officielles était perfectible. On n’a peut-être pas assez insisté sur l’unilinguisme francophone dans l’affichage, même dans des municipalités à forte prédominance francophone. En le réclamant pour nous, il faut être conscients que la réciproque pourrait aussi être faite pour les anglophones, à moins que l’on puisse argumenter que notre statut minoritaire nous permettrait une telle exception. Si monsieur Joncas croit que l’on doive aller dans cette direction, il peut se présenter aux audiences publiques qui porteront sur la révision des lois sur les langues officielles et réclamer cette modification. Cela pourrait s’avérer être une boîte de pandore, mais… «un jour, un jour peut-être» comme chantait Édith Butler! Du côté de la SANB, on continuera de réfléchir, sans baisser les bras, comme l’accuse M. Joncas.