Le débat linguistique à Dieppe

Alcide F. LeBlanc
Moncton

Rares sont les occasions où je me fâche. Cependant, voir certaines compagnies refuser de s’afficher dans les deux langues officielles à Dieppe fait bouillir mon sang acadien! Pour elles, la méthode douce a été un échec, ainsi que la méthode contraignante.

Dans ma vie, j’ai toujours considéré une entreprise commerciale comme un citoyen public. Par conséquent, si j’en avais dirigé une, grande ou petite, j’aurais tenté de servir mes clients dans leurs langues respectives. En faisant cela, ma clientèle aurait été heureuse de revenir et mes revenus auraient ainsi progressé. Le bilinguisme offre donc un bon retour. Les compagnies qui refusent de s’y adapter font la preuve qu’elles sont loin de mon concept.

Un tel refus de se conformer aux prérogatives du conseil municipal de Dieppe de s’afficher dans les deux langues me donne l’impression d’un entêtement malsain. Invoquer la Charte canadienne des droits et libertés pour se justifier n’est pas à leur honneur, car une telle attitude met en évidence un conflit entre deux grandes valeurs: la liberté d’expression et le respect des clients.

Ce qui pourrait leur arriver de négatif est très prévisible. Leurs clients actuels pourraient décider de donner leurs préférences à des compagnies qui respectent leurs valeurs linguistiques et culturelles.

Tout dernièrement, à Vancouver, il y a eu un tollé général et justifié chez la population anglophone, étant donné que plusieurs entreprises s’affichent uniquement en langue chinoise. Les anglophones ont amplement raison de se révolter devant ce comportement irrespectueux.

Pourquoi la population acadienne de Dieppe, de Moncton ou d’ailleurs dans la province ne serait pas indignée de constater une telle obstination méprisante? «Ce qui est bon pour l’oie devrait l’être tout autant pour le jars!»