À quel prix voulons-nous sacrifier notre eau?

Stéphanie Gionet
Lamèque

Voici mon opinion à la suite de la lecture d’un cahier annexé à l’Acadie Nouvelle, pendant le temps des Fêtes, intitulé «Prendre une décision éclairée: Les faits au sujet du gaz de schiste». Les activités entourant le gaz de schiste constituent une solution alléchante économiquement parlant pour la province. Cependant, j’estime que l’exploitation du gaz de schiste est néfaste pour plusieurs raisons.

Quelques chiffres indiqués dans le cahier: une fracturation nécessitant 4000 m3 d’eau multipliée par 10 à 20 opérations… il s’agit de plus du double de l’eau consommée par la population de Fredericton. Toute cette eau utilisée sans avoir la certitude de trouver le fameux gaz. Où cette eau souillée sera-t-elle traitée? Aucune information n’a été fournie à cet effet. Nos taxes augmenteront-elles si l’eau des municipalités est utilisée comme il est mentionné? Dans cette brochure, il semble évident qu’aucun risque ne sera pris par le biais d’un plan de protection environnemental. Quand on parle de prendre des mesures pour éviter une possible fuite de produits contaminants par le puits, je ne trouve pas cela très rassurant.

On y présente les Néo-Brunswickois comme des peureux, des plaignards et des gens sans opinion qui croient n’importe quoi après avoir vu des vidéos sur YouTube. Personnellement, j’ai visionné un documentaire intitulé Gasland: Voyage au pays du gaz de schiste, en nomination pour un oscar en 2011 et récipiendaire d’un prix spécial en 2010. Nous ne sommes pas les premiers au Canada et aux États-Unis à remettre en question les techniques utilisées pour exploiter ce gaz.

Pourquoi rendre la province dépendante des grandes entreprises américaines qui ne sont même pas les bienvenues dans leur propre pays? À quel prix voulons-nous sacrifier notre santé et notre eau, ressources irremplaçables? Les complications possibles de ces fracturations vont-elles encourir une augmentation des coûts dans le domaine de la santé?