Une augmentation draconienne

Par Alcide F. LeBlanc
Moncton

Comme bien d’autres personnes intéressées par l’éducation, je vois d’un bon œil les courageuses manifestations des étudiantes et des étudiants universitaires du Québec contre les augmentations des droits de scolarité.
Il est vrai que cette province a eu pendant longtemps les plus bas taux de scolarité au niveau postsecondaire, en comparaison avec ceux des autres provinces. Mais l’augmentation des frais est tellement draconienne que les étudiants se révoltent à l’instar de la jeunesse du monde arabe contre les dictatures.
D’une part, chaque gouvernement, tant au niveau fédéral qu’au provincial, tente par tous les moyens d’équilibrer les budgets qui depuis plusieurs années sont déficitaires. D’autre part, les universités ont besoin de tous les sous possibles pour offrir aux étudiants des programmes de qualité. Quant aux contribuables, ils se trouvent déjà suffisamment taxés.
Est-ce que le gouvernement fédéral ne pourrait pas contribuer davantage au maintien financier de l’éducation postsecondaire en modifiant ses priorités sociales, comme celles de l’achat des avions de chasse ou des gros bateaux de guerre?
À tous les niveaux, l’éducation publique devrait être un droit universel et gratuit. Combien de jeunes et brillants cerveaux n’osent pas à la fin des études scolaires entamer et compléter leur formation postsecondaire de peur de s’endetter de 30 000 à
40 000 $, et par la suite ne pas être en mesure de se dénicher un emploi les empêchant ainsi d’honorer leur engagement financier?
Pourquoi ne pas abolir ou modifier le programme actuel de bourses, qui souvent favorise les étudiants dont les parents sont des professionnels et souvent les mieux salariés de la société, et mettre ces fonds dans le programme de gratuité postsecondaire? Notre riche pays possède les moyens de financer les études postsecondaires. Modifions les priorités sociales!