La volonté de sauver la cathédrale est-elle bien réelle?

Par Damiel Dauphin
Ancien vice-consul de France à Moncton

Le livre d’art La Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption: Monument de la Reconnaissance, qui a été présenté à l’Université de Moncton le lundi 2 avril, marquera-t-il une étape dans le processus de sauvegarde de cet édifice? Je le souhaite, mais la volonté de sauver la cathédrale est-elle bien réelle? Je bondis lorsque je lis que Mgr Richard estime que «comme lieu de culte, on n’a pas un besoin urgent de la cathédrale»!
Malheureusement, ce n’est pas la première fois que je suis confronté à l’abandon d’un lieu de culte par les autorités épiscopales. En France, l’église paroissiale Saint-Joseph où je fus baptisé et dont le clocher se dressait face à la maison de mes parents a été vouée à la démolition par la volonté de l’évêque de Lille.
J’apprends dans vos colonnes (édition du 3 avril) que la cathédrale pourrait être sauvée en devenant un musée de la résilience acadienne. L’idée est bonne et je la soutiens. Pour autant, il n’est pas indispensable que le bâtiment perde à cet effet sa vocation première. Peut-on imaginer qu’une cathédrale que le bienheureux pape Jean-Paul II honora de sa visite il y a seulement 27 ans puisse être désacralisée? Impensable, mais possible, hélas. Pour éviter cela, il n’y a pas besoin de chercher bien loin.
J’ai pu observer que l’intérieur de la cathédrale était trop grand pour le nombre de fidèles assistant aux offices et se dispersant au lieu de se rassembler, comme si chacun tenait à mettre une distance entre soi et son prochain, et ce, en contradiction avec le message du Christ.
Je propose donc que les places latérales à droite et à gauche de la nef soient supprimées, les fidèles pouvant se masser de part et d’autre de celles qui entourent l’allée centrale. L’espace libéré sur les côtés pourrait ainsi accueillir le musée.
La cathédrale peut avoir une double vocation: devenir un musée de la résilience acadienne sans pour autant cesser d’être le lieu de culte voulu et édifié par le peuple acadien.