Hausse des prix justifiée?

Arsène Richard
Dieppe

Que l’industrie du pétrole des six compagnies majeures des États-Unis se soit permise de faire un 20 % de profits au cours de 2011, ce serait peut-être déjà exagéré. Mais augmenter les profits de 69 % en 2010 en accumulant 149 milliards pour satisfaire la cupidité des administrateurs et de leurs actionnaires apparaît non seulement comme l’indécence la plus intolérable, mais comme le scandale le plus éhonté.

Ce serait peut-être acceptable si les compagnies avaient de leur côté amélioré de 69 % l’efficacité énergétique de leurs voitures, mais il n’en est rien.

Dire qu’à la suite de la crise et l’effondrement des marchés de 2008 tout le monde semblait reconnaître que l’orientation du capitalisme rampant ne pouvait fonctionner sans l’application de certaines balises ou d’une réglementation serrée. Encore là, il n’en est rien.

Non seulement nous sommes en train de détruire notre planète en épuisant nos ressources énergétiques limitées, mais notre indifférence apparente contribue à creuser les dettes et les souffrances des gens. Nous souffrons tous de l’augmentation de la dette mondiale de 84 trillions en 2002, atteignant les 195 trillions en 2010, alors que personne ne semble s’en inquiéter, ni se laisser envahir par la compassion. En plus, nous oublions peut-être qu’il y a des gens qui ne demandent pas mieux que d’augmenter les dettes parce qu’ils y accumulent et augmentent leurs profits.

C’est là une manifestation du pathologique envahissant le politique qui se laisse ronger par un cancer en permettant à la finance et à l’économique de s’octroyer le pouvoir ultime qui ne devrait pas être de leur ressort. Si nous ne nous occupons pas du politique, c’est lui qui s’occupera de nous.

Pour le moment, le diagnostic semble clair: le politique ne joue pas pleinement son rôle alors qu’il devrait chapeauter totalement tous les autres pouvoirs de la société. Par où et par qui commence-t-on?