Qui viole actuellement la démocratie au Québec?

Romain Landry
Free Grant

Selon Aldo Chiasson, le geste d’appui aux étudiants du Québec par Jean-Claude Basque manifesterait un mépris des lois, de la démocratie, voire de la paix sociale dans la province de Québec.

Je tiens à faire remarquer à Monsieur Chiasson que Jean-Claude Basque se bat pour la justice sociale et la démocratie depuis plus de 40 ans.

Il faut éviter de généraliser. Certes, certains groupuscules ont profité des manifestations des étudiants pour commettre des actes de violence. Néanmoins, il faudrait se demander qui actuellement viole la démocratie au Québec.

Le gouvernement Charest ne profite-t-il pas de la grève des étudiants comme geste de diversion pour faire oublier les nombreux scandales qui l’assaillent? Le gouvernement Charest fait le pari de régler le conflit avec les étudiants au moyen d’une loi spéciale.

Les syndicats sont furieux. Michel Arsenault, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), a déclaré de prime abord que «le gouvernement a choisi la matraque au lieu de la négociation». Et d’ajouter Louis Roy, président de la Centrale des syndicats nationaux (CSN): «C’est une loi pitoyable écrite par des “mononcles impuissants”, impuissants surtout à comprendre une génération qui va finir par les bouter dehors», a-t-il tonné. Finalement, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, a déclaré qu’il n’a jamais vu «une loi aussi perfide». La loi spéciale, selon lui, est «digne d’une république de bananes».

Et le maire Tremblay de Montréal qui joue à la vierge offensée en voulant légiférer contre le port des masques alors que ses proches collaborateurs se font démasquer par l’escouade Marteau pour abus de confiance, collusion et corruption.

En ce qui a trait aux universités du Québec, les étudiants se plaignent depuis longtemps de la mauvaise gestion des fonds publics. Ainsi en est-il de:

– L’aventure immobilière à l’UQUAM qui a creusé un dépassement budgétaire de 300 millions $ en 2007.

– Le dérapage immobilier à l’Université de Montréal. Cette dernière serait aux prises également avec une dérive immobilière concernant la construction d’un second campus à la Gare de triage d’Outremont! Selon la Ville de Montréal, ces dérives immobilières pourraient s’élever à près de 800 millions $, soit l’équivalent de l’augmentation des droits de scolarité de 900 millions $ au Québec sur cinq ans.

– Que penser de l’Université Concordia qui a dû verser des indemnités de départ de 3,1 millions sur une période de cinq ans à trois de ses recteurs démis de leurs fonctions, pour ne pas dire congédiés? Cette université a même accordé un prêt sans intérêt de 1,4 million $ à un candidat au poste de recteur intérimaire afin qu’il puisse s’acheter une copropriété.

– Que penser des campus de l’Université du Québec qui dépensent des sommes faramineuses d’argent entre elles en frais de publicité pour s’attirer de la clientèle?

Les étudiants ont certes raison de dire qu’il y a des économies à faire immédiatement dans la gestion des universités du Québec. À la suite de tous ces dérapages, les étudiants ont évidemment le droit de savoir à quoi va servir l’augmentation des droits de scolarité.

Monsieur Chiasson, vous avez bien sûr le droit de choisir votre camp. Celui de Jean-Claude Basque est clair et je l’appuie.