Assez des conservateurs de Harper

Par Guy Lanteigne
Saint-Sauveur

Présentement, je rencontre des électeurs progressistes-conservateurs qui se disent outrés et même dans certains cas carrément dégoûtés par le gouvernement de Stephen Harper pour lequel ils ont voté aux dernières élections fédérales. Ils disent ne plus reconnaître leur parti politique. Ils n’y retrouvent plus leurs valeurs et leurs intérêts. Quelle autre bassesse Harper doit-il encore faire pour que les conservateurs de souche progressiste réalisent que leur parti politique n’existe plus?

Parce qu’il est mort de sa belle mort, le Parti progressiste-conservateur du Canada. Il avait 136 ans. C’est à l’issue de l’élection de 1993 qu’il fut rasé alors qu’il se retrouva avec seulement 2 sièges à la Chambre des communes. Il perdit son statut de parti officiel. Une décennie d’agonie s’ensuivit pour lui, peinant à garder ses militants. Le 15 octobre 2003, il fut avalé par l’Alliance réformiste conservatrice canadienne. Le Parti conservateur du Canada, celui qui nous gouverne aujourd’hui au niveau fédéral, vit le jour le 7 décembre 2003. Et le «progrès» ne semble pas faire partie de ses plans.

Tout ceci pour souligner que, bien qu’un gouvernement conservateur reste conservateur, il y a une marge sérieuse entre le gouvernement Harper et ceux des Diefenbaker, Hatfield, Mulroney et Lord qui furent des gouvernements progressistes-conservateurs sur la scène fédérale et provinciale.

Selon moi, un individu qui doit très bien voir ladite marge en ce moment est le député-ministre Bernard Valcourt. Ce dernier s’était pourtant fait élire et réélire à maintes reprises au sein du gouvernement de Brian Mulroney qui se situait plus près du centre que de la droite.

Aujourd’hui sous la bannière des conservateurs de Stephen Harper, quel travail M. Valcourt est-il sommé d’exécuter? Annoncer l’abolition de nombreux emplois, des refus de contribuer financièrement à des projets communautaires importants, des coupes menaçantes dans les services en français, dans le Programme de la sécurité de la vieillesse, dans l’assurance-emploi, dans les programmes de financement destinés aux organismes à but non lucratif, dans l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA) et j’en passe.

Bref, c’est au rejet et à l’abandon du Nouveau-Brunswick par le gouvernement fédéral de même qu’à notre appauvrissement que participe Bernard Valcourt à l’heure actuelle. Est-ce ce que l’électorat de Madawaska-Restigouche attendait de Bernard Valcourt en l’élisant le 2 mai 2011? Je ne crois pas. Est-ce même ce à quoi M. Valcourt s’attendait lui-même? Selon moi, soit que ce dernier ait caché la vérité dès le départ à son électorat, soit qu’il ait largement sous-estimé la lourdeur des tâches qu’il serait tenu de mener. Une chose est certaine, ses chances de se faire réélire seraient piteuses si des élections avaient lieu demain. Il devrait démissionner, à mon avis.

Les positions et la vision du Canada de Stephen Harper n’ont rien à voir avec celles des autres premiers ministres qui l’ont précédé, tous partis confondus. Harper et ses troupes ont pour objectif précis de ne faire primer que les valeurs et les intérêts de l’Ouest canadien et par conséquent utiliser s’il le faut des moyens draconiens, antiparlementaires et antidémocratiques pour arriver à leurs fins.

Stephen Harper est issu d’un mouvement de protestation qui en avait marre de voir des premiers ministres bilingues gouverner son pays en oubliant l’Ouest.

Il suffit d’aller faire un petit tour sur les plateformes web populaires de téléchargement vidéo pour constater à quel point cet homme en a contre le Canada et la forme qu’avait notre pays avant qu’il se hisse au pouvoir.

Harper a une mission précise à accomplir, il sait qu’il n’a que peu de temps pour le faire et il se moque du fait que ses actions créent des divisions entre francophones et anglophones, entre les différentes cultures de même entre l’est et l’ouest du pays. Harper n’a absolument rien à cirer de tout ce qui se trouve dans la portion est du pays, y compris l’Atlantique.

Le gouvernement Harper est sous l’emprise de groupes religieux radicaux qui veulent empêcher le Canada de faire des pas importants.

Harper n’attache aucune importance aux réalités économiques et sociocommunau-taires des ruralités. Comme le faisait Bush, Harper sème l’urgence et la peur auprès du peuple, banalise la guerre et les souffrances de la guerre et contrôle les médias. Harper est en train d’appauvrir davantage les pauvres de son propre pays, mais il tient mordicus à aider les États-Unis à se relever de leur crash économique en signant un chèque de 30 milliards $ à Lockheed Martin, somme faramineuse qu’il a d’ailleurs délibérément cachée au peuple canadien.

Harper tente de se faire passer pour le sauveteur de l’économie canadienne, alors qu’en 2009, son gouvernement a lui-même plongé le Canada dans le plus grand déficit budgétaire de son histoire. Le gouvernement Harper est à plusieurs niveaux synonyme d’incohérence et de contradiction. À mon avis, il n’a pas l’autorité morale de diriger une nation.