Une médecine à deux vitesses

Dre Edmonde Gionet
Beresford

Une médecine deux poids deux mesure, une pour le Sud et une totalement différente pour le Nord. Comme médecin, si je demande une échographie, celle-ci est réservée de huit mois à un an plus tard. Si je la veux plus vite, je dois parler au radiologiste ou demander une tomodensitométrie (CT Scan), qui occasionne de l’irradiation pour le patient. Pour avoir une résonnance magnétique (IRM), même chose, un an et plus d’attente, car on a encore une machine portative pour Campbellton, Bathurst et Miramichi. Alors, pour un test urgent, on doit encore déranger le radiologiste, qui est fort occupé. J’ai de nombreux patients, j’essaie de faire de mon mieux pour leur bien-être, mais j’avoue que c’est souvent difficile, et quelque chose cloche dans le système. Je ne crois pas que les médecins de Moncton doivent faire autant de prouesses pour avoir une échographie ou une résonnance magnétique. Je commence à en avoir assez.

Juste avant d’envoyer cette lettre, j’ai eu une patiente pour laquelle j’avais demandé une échographie pelvienne urgente, soit d’ici deux semaines, et elle a été prévue en mars 2013. Lors du début de ma pratique, ce test de base était fait en moins de deux semaines. On recule dans le Nord et pas à peu près.

L’administration ne semble pas être concernée par le peu de disponibilité des services. Les patients devraient se plaindre officiellement auprès de leur représentant, soit Gabriel Godin, pour la région Chaleur, et Paulette Sonier Rioux, pour la Péninsule acadienne, s’ils trouvent les délais d’attente déraisonnables. Ces gens sont élus pour défendre nos intérêts. C’est votre responsabilité de vous plaindre des services inadéquats dans le Nord.