Sois belle et tais-toi!

Par Valery Savoie
Saint-Quentin

Faisant référence à l’article publié sur CapAcadie «Miss Cowgirl Atlantique: plus d’amateurs que de détracteurs», vous semblez utiliser le terme «détracteurs» comme étant une version péjorative du féminisme. Je commenterais à cela que c’est complètement absurde, tout comme la nature de ce concours.
La «beauté féminine», contrairement à ce que certains peuvent croire, ne commence pas dans le plongeant d’un décolleté bien rebondi et ne s’arrête pas au rebord d’un gras de fesse. À l’inverse de ce que l’organisatrice sous-entend, ce concours est loin de prôner l’intelligence, la personnalité et le caractère.
Ce concours est plutôt axé sur le concept du Girl Power qui laisse miroiter l’émancipation de la femme par la libération sexuelle.
Voilà un bel exemple d’effet pervers, la femme se retrouve plutôt à la merci de son image et de la société en acceptant pleinement ces concours. Elle laisse présager aux autres femmes, aux jeunes filles et même aux hommes qu’il est parfaitement acceptable de se réduire à une fonction d’objet sexuel. À ceci, j’aimerais ajouter, faisant référence au terme «détracteurs», que c’est les femmes elles-mêmes qui souillent leur image en participant à ce genre de concours superficiel.
Comment peut-on être prise au sérieux et être entendue dans une société où la femme en est réduite à l’image? Qui veut écouter un objet?
Dans votre article, vous posez une question concernant la nature sexiste que peut évoquer ce concours. Cependant, vous ne donnez que la parole à l’organisatrice. Bien évidemment, elle n’aura rien de négatif à avancer concernant son travail. Pour que votre question soit valide, vous devez nous montrer diverses positions. Or, il n’en est rien.