Un revirement de situation

Jean-Pierre Joncas, ing.
Beresford

Je viens de prendre connaissance du revirement de situation dans le dossier de l’affichage bilingue de la Ville de Dieppe. Les deux propriétaires de panneaux-réclames se conformeront à l’arrêté sur l’affichage.

Je me réjouis à 10-15 %.

Je me réjouis du fait que Dieppe ait osé édicter un arrêté qui sortait le français des boules à mites et lui donnait la place qui lui revient depuis longtemps. Le goût amer de 85-90 % émane du fait que Dieppe ne donne pas la place prioritaire qui revient à notre langue dans une municipalité dont la population est à plus de 75 % francophone.

Beresford, à 90 % francophone en 2006, s’apprête à imiter Dieppe. Comme Dieppe, Beresford, qui clame maintenant que la population francophone ne représente plus que 85 % des habitants (reste à prouver), consacrera l’assimilation de sa population à la vitesse grand V. Quelle est l’urgence de légiférer pour que Beresford devienne bilingue? Pourquoi l’affichage devrait être tout de suite bilingue? Pourquoi notre langue française ne serait pas la seule langue officielle ou la langue prioritaire? On a peur de quoi? On veut plaire à qui?

Est-ce que l’Acadie doit présenter un caractère bilingue pour se faire reconnaître des bailleurs de fonds?

Et, au Nouveau-Brunswick, qui dit bilingue dit langue de Shakespeare.

Est-ce que c’est vraiment cela que nous voulons comme avenir? Voulons-nous vraiment devenir bilingues et que nos régions demeurent celles avec le plus de chômage au N.-B.? N’est-ce pas changer une piastre pour quatre trente sous?

Est-ce qu’à Beresford on se pose la question: «Le bilinguisme, kosse ça donne?»