Les vélos et les VTT se disputent le réseau de pistes

Albert LaFrance
Utilisateur de VTT
Membre du Club Sentier d’Amitié de Saint-Quentin inc.

Dans les années 1990, le Nouveau-Brunswick a acquis l’ancien chemin de fer afin de créer un réseau de sentiers. Comme pour la majorité des terrains de la Couronne, tous les résidants du Nouveau-Brunswick ont accès à ces sentiers.

Les utilisateurs se regroupent principalement sous trois organismes; Sentier NB, la Fédération des Motoneiges et la Fédération de VTT. Maintenant, à ceux-ci se joignent les utilisateurs de vélos.

Du début, Sentier NB a fait la promotion du sentier pour les marcheurs, mais a conclu une entente avec les Ressources naturelles et la Fédération des motoneiges. Ce bail avec le ministère des Ressources naturelles et la Fédération de Motoneiges, leur donnait accès aux sentiers provinciaux du 15 décembre au 15 avril chaque année. Ce bail donne un accès exclusif aux motoneigistes. Marcheurs, adeptes de ski de fond ou de raquette ne peuvent utiliser ces sentiers. Un officier pourrait leur donner une amende pour simplement marcher sur le sentier.

Et voilà que les VTT ont fait leur apparition en masse. Surprise, une grande majorité des amateurs de la nature ont opté pour ce genre de véhicules afin d’apprécier ce que les gens du Nouveau-Brunswick ont toujours eu à leur disponibilité. Présentement, le VTT n’est pas seulement un véhicule récréatif, même l’organisation du Festival Western de Saint-Quentin s’en sert pour remplir diverses tâches. Agriculteurs, entrepreneurs et autres l’utilisent régulièrement.

Au Nouveau-Brunswick, approximativement de 45 000 à
50 000 VTT sont en utilisation. De ce nombre 40 000 et 17 000 motoneiges sont immatriculées. Les revenus générés par les utilisateurs de ces deux organisations sont dans les dizaines de millions de dollars. Que ce soit de l’achat, maintenance, tourisme, etc., l’impact économique est appréciable et ne peut être rejeté du revers de la main.

La principale préoccupation du partage de sentiers entre les marcheurs, cyclistes et les VTT est la sécurité. Depuis plusieurs années, la Fédération des VTT du Nouveau-Brunswick a un programme de formation pour conducteurs de VTT. Ce programme met en priorité la conduite sécuritaire, le respect des autres utilisateurs de sentiers et de la propriété privée et publique. Ce programme est principalement orienté vers les jeunes et nouveaux conducteurs.

Je marche régulièrement dans un sentier de VTT près de chez moi durant toute l’année et lorsque j’entends un VTT approcher, je me range sur le côté du sentier et j’attends son arrivée. À notre rencontre, dans 100 % des cas, le conducteur réduit considérablement sa vitesse même jusqu’à un pas de marche.

L’utilisation par les VTT des 440 km, comme mentionné dans les articles du journal l’Acadie Nouvelle, a été acquise parce que la Fédération de VTT a su justifier qu’il y avait un réel besoin d’un partage.

Nos sentiers ne sont pas exclusifs et nous sommes ouverts pour les partager avec les adeptes de vélo, de ski de fond, de raquette et les marcheurs.

Comme au début des années 1900, les conducteurs de chevaux étaient absolument contre le partage des routes de terre durcie avec les nouvelles automobiles. Ils effrayaient les chevaux et c’était dangereux.

Les cyclistes partagent les routes avec d’autres véhicules motorisés régulièrement dans toutes les régions du Nouveau-Brunswick (Moncton, Fredericton et autres), alors pourquoi est-ce un si gros problème de partager des sentiers avec les VTT?

Il est encourageant de constater que malgré la frustration qui existe entre les organismes, il y a toujours une volonté de dialoguer.

Pour moi, qui est un conducteur de VTT depuis le début, ça me donne une indication que peut-être, dans un avenir rapproché, nous ayons enfin un sentier provincial que tous puissent partager, soit à la marche, en vélo ou en VTT. Les motoneigistes ont déjà ce privilège depuis un bon bout de temps.

En travaillant ensemble, ça sera beaucoup plus facile.