Des débats musclés

Jean-Paul Gallant
Moncton

J’ai lu avec intérêt l’éditorial de François Gravel du 16 août. En tant que militant bénévole de longue date auprès du Parti libéral, je trouve surprenant la caractérisation de l’Acadie Nouvelle de la course au leadership pour la chefferie provinciale. Une «fracture» – voyons donc!  

Toute course dans l’arène politique (comme toute élection d’ailleurs) engendre l’occasion de se démarquer par l’expression de différences d’opinions et des débats souvent musclés. C’est là une démocratie. Parfois, dans le feu de l’action, des paroles spontanées sont échangées qui, après mûre réflexion, n’auraient pas dû être dites. Qui parmi nous ont dit quelque chose dans le passé, y compris des jurons, que l’on a regretté après et qui n’était pas vraiment ce que l’on voulait en effet transmettre?

En tant qu’Acadien, je trouve l’échange personnel et privé entre M. Murphy et M. Collins regrettable, mais compréhensible. À titre d’exemple, je ne suis pas outré par des propos de nature stratégique – et, oui, la référence à la soi-disant carte acadienne. Mais, je comprends que d’autres peuvent l’être si le tout est pris hors contexte. 

Je suis certain par contre que des échanges francs ont lieu quotidiennement entre les autres candidats (M. Gallant et M. Duivenvoorden – que vous qualifiez de candidat marginal) et leurs proches et, entre les députés de l’Assemblée législative du côté du gouvernement et leurs amis intimes politiques. Jamais je ne croirais que ces échanges se font toujours à gant blanc. Il ne faut pas être naïf après tout. Et, oui, ce n’est pas toujours beau et tout le monde devrait essayer de faire mieux. 

Ce qui est regrettable plutôt est que cette communication confidentielle fut divulguée et propagée à l’insu des deux personnes concernées par un proche du caucus. S’il y a caractérisation à faire, l’on devrait parler de trahison de la part d’un membre de la famille libérale au lieu et peut-être voir quels sont les intérêts de cette personne.