Un allaitement controversé

Jeanne Lanteigne
Petit-Rocher

Nous sommes bien en l’an 2012, n’est-ce pas? Eh bien, est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi il y a, me semble-t-il, autant de controverse quant à l’allaitement maternel dans les lieux publics?
Ma cadette aura bientôt 23 ans. Elle a un petit garçon d’environ six semaines qu’elle nourrit au sein. L’allaitement se passe à merveille. Mais ma fille sent qu’elle doit se cacher pour nourrir mon petit-fils.

Moi, j’ai 53 ans. J’ai eu cinq enfants vivants sur six et je les ai tous allaités. Même le propriétaire de la brasserie (endroit où les enfants ne sont pas admis), où mes amis et moi aimions sortir, me laissait entrer avec mes bébés parce qu’il savait que j’allaitais mes enfants. J’étais encouragée par tout le personnel. Et c’était la même chose lorsque j’allais aux restaurants, aux centres commerciaux, ou même sur la plage ou dans des festivals et des parcs. Enfin, autant pour les parents (liberté) que pour l’enfant, tout était pour le mieux.

Aujourd’hui, on construit des salles d’allaitement ou on réserve un endroit isolé à nos filles pour qu’elles puissent nourrir leur enfant.
L’allaitement maternel est encouragé dans tous les pays du monde, mais on enseigne aux mamans d’aujourd’hui que c’est une honte de donner le sein en public.

Les filles et les femmes peuvent se promener à moitié nues, pas de problème… C’est la mode de se comporter ainsi. Mais si une mère veut donner ce qu’il y a de mieux à son enfant et bénéficier elle-même de l’allaitement maternel, là, on est choqué.
Cela dit, je ne m’adresse ici qu’aux personnes qui vivent avec des préjugés arriérés.

Je veux que nos filles vivent leur choix au grand jour, et qu’elles cessent de «s’encabaner» chez elles comme le font maintenant les gais, les lesbiennes et même les femmes voilées.