Donner aux victimes le respect qu’elles méritent

Par Céline Comeau
Caraquet

Je suis certaine de ne pas être la seule à se demander s’il existe vraiment une justice. Est-ce que notre système judiciaire canadien évolue bien avec les réalités d’aujourd’hui?
Étant moi-même une victime du système, et étant au côté d’une nouvelle victime, j’en suis venue au questionnement suivant…
Un enseignant qui couche avec son élève reçoit une grosse peine, car il a «abusé de son pouvoir»! Le curé reçoit une grosse peine pour avoir soit abusé de son pouvoir, de son lien de confiance ou autre – nommez-le comme il se doit. Le parent ou le membre de la famille qui abuse de son enfant, de son neveu, de son petit-fils ou de sa petite-fille, lui (l’agresseur), ne reçoit presque rien! (dans mon cas, huit mois de prison dans le confort de sa demeure.)
Pourquoi? Pourquoi ne reçoit-il pas cinq ans de prison? Pourquoi la victime passe-t-elle pour une menteuse, ou comme si tout ce qu’elle a vécu ne valait rien, n’était pas grave?
Le membre de la famille n’a-t-il pas comme devoir, encore plus que le professionnel, d’être là pour donner l’exemple, pour protéger ses proches?
On apprend à nos enfants qu’il faut faire confiance à la famille… Pour pratiquement tous les enfants, c’est un réflexe naturel. Dans un cas comme celui-là, «l’abus de confiance» n’est-il pas encore plus important?
Dans quelle direction la société part-elle? Sommes-nous vraiment une société où l’agresseur et les criminels en général ont plus de droits et d’importance que les victimes? Quand le système, notre gouvernement, comprendra-t-il que les victimes vivent un enfer, que chaque jour, elles doivent apprendre «à accepter, à pardonner», quand, au fond, elles ne sont que des victimes?
Encore une fois, quand allons-nous montrer de l’empathie sincère, comprendre que ce n’est pas de leur faute? Il est tellement difficile d’affronter ses peurs et de briser le silence, de dénoncer son agresseur! Donnons enfin aux victimes l’importance et le respect qu’elles méritent!