Pauvre comté de Kent

James Ouellet
Grande-Digue

Le comté de Kent est effectivement l’enfant pauvre du Nouveau-Brunswick en matière de réseau routier. On n’a qu’à voyager ailleurs dans la province pour s’en rendre compte. Kent-Sud, où j’habite, est probablement la pire des trois circonscriptions électorales, ayant été complètement ignorée durant les quatre années du gouvernement libéral, en dépit de besoins criants, tandis que le gouvernement conservateur précédent, celui de M. Lord, avait très peu fait lui aussi.

Quelle joie donc d’apprendre que Claude Williams, notre député local, avait été nommé ministre des Transports dans le gouvernement Alward! Beaucoup de gens s’étaient dit qu’enfin les inégalités dans les services routiers subis par les gens de Kent pendant des décennies seraient nivelées. Il est vrai que M. Williams s’est mis à la tâche dès le début de son mandat: un de ses premiers gestes a été de faire installer un pont modulaire à Shediac River pour desservir les résidants des deux rives de la rivière, ce que le gouvernement libéral leur avait refusé. Ils avaient dû attendre plus de deux ans pour ce pont.

Dans un article paru dans l’édition de l’Étoile du 23 août dernier, M. Williams parle de rattrapage dans Kent-Sud. Il cite quelques segments de routes ayant été asphaltés. Il faut lui donner crédit pour ces réalisations. Malheureusement, il ne lui reste plus que deux autres années à son mandat et, au rythme actuel, ça prendrait une dizaine d’années avant de compléter la réfection de tout le système routier. Il faudra donc que M. Williams mette les bouchées doubles au cours des deux prochaines années pour effectuer un vrai rattrapage, comme l’avait fait son prédécesseur, Denis Landry, dans la Péninsule acadienne. Voici quelques-uns des besoins les plus criants: l’élargissement ou le remplacement du pont de Shediac Bridge, à une voie, qui ne répond pas aux normes (c’est probablement le seul pont à voie unique sur toutes les routes collectrices du Nouveau-Brunswick); la route 11 au sud de Bouctouche; la route 134 de Shediac à Shediac Cape et de Grande-Digue à Cocagne, le chemin Cocagne Sud, la majeure partie de la 530, les chemins Babineau et Shediac River jusqu’au chemin Cape Breton, lequel vient d’être asphalté, de même que le chemin Ammon. Ces deux chemins avaient pourtant reçu un revêtement de chip seal au cours des deux dernières années. En déférence à ses électeurs, M. Williams pourra difficilement leur imposer le chip seal quand l’asphalte est utilisé sur les chemins des circonscriptions voisines.

Sachant que 743 millions $ seront dépensés cette année pour la réfection des routes et des ponts au Nouveau-Brunswick, dont 544 millions ou 73 % du budget total pour la route 1 seulement (plus de 50 km d’asphalte neuf de Sussex à Saint-Jean et le dédoublement de la route dans la région de Saint-Stephen), une route qui connaît notamment un achalandage moindre que la route 11 au niveau de Bouctouche, M. Williams devra accélérer le rattrapage s’il veut satisfaire ses électeurs.