Croire en quelque chose

Denis Laplante
Moncton

«La laïcité unit, la religion divise», dit Andréa Richard dans un article de Sylvie Mousseau aux Arts et spectacles dans l’édition du 18 octobre.

Formule brève, ça semble sonner bien… mais en fait, ce n’est pas vrai.

En fait, ce n’est pas une question de «religion» ou de «laïcité», c’est parce que «là où il y a l’homme, il y a de l’hommerie», comme on dit.

Il y a eu des abus chez les gens d’Église, oui, c’est un fait. Mais il y en a eu aussi chez des gens qui ne professaient pas de religion. Par fidélité à quelle religion, dites-moi, Robespierre a-t-il fait guillotiner les carmélites de Compiègne en 1794? Par fidélité à quelle religion Hitler a-t-il éliminé 6 millions de Juifs, ainsi que des prêtres catholiques, des Tsiganes et bien d’autres personnes? Par fidélité à quelle religion les leaders soviétiques, surtout Staline, mais pas uniquement, ont-ils éliminé plein de monde, des juifs, des catholiques, des orthodoxes, des musulmans, même des communistes (ou était-ce des socialistes? puisque le nom «URSS» signifiait Union des républiques socialistes soviétiques), beaucoup de prisonniers d’opinion, mais pas uniquement, pour un total de quelque 60 millions de gens éliminés, en plus d’un bon nombre qui ont survécu aux goulags…

Attention à ces formules! Et puis, pour vivre ne faut-il pas croire au moins en quelque chose? Et si nous-mêmes on tombait, n’aura-t-on pas besoin d’aide pour se relever? Surtout si on se trouvait dans des situations où nous ne sommes pas capables nous-mêmes de nous déprendre tout seul? Ça peut arriver même aux plus forts…