Des retraités menottés

Lucie Laforge
Saint-Jacques, N.-B.

Je suis Lucie Laforge, femme de Julien, qui fut employé de Fraser Papers à Edmundston pendant une bonne partie de sa vie – c’est-à-dire, assez longtemps pour avoir une «supposée pension».

Quelle surprise! C’est arrivé le 7 juin 2009. On était heureux comme des rois, mais pas pour longtemps. Après quelques mois, sa pension a été lourdement coupée de 40 %. Il paraît que nos gouvernements préfèrent protéger les banques et multinationales au détriment des régimes de retraite comme celui de mon mari.

Les employés ont presque des menottes aux mains, il n’y a pas personne qui veut les aider. Même si tout le monde crie à l’injustice, les portes se ferment partout et on doit espérer un miracle.

Cette industrie fut le moteur économique de notre belle petite ville, «Edmundston». Comment est-ce arrivé? Chère belle province, cher beau gouvernement, à qui nous devons payer nos taxes, nos impôts, vous êtes vraiment présents et aux aguets, mais où êtes-vous quand c’est le temps de défendre nos droits? Faudrait-il juste une fois ne pas payer nos taxes de maison; là, il y aurait quelqu’un qui se réveillerait.

Je regarde aujourd’hui les petites miettes qui nous restent et on doit se dire «petit train va loin». Malheureusement, à cette usine, il y avait un beau grand train, mais de petits chauffeurs qui ne savaient pas conduire.

Jules (Julien) est malheureusement décédé en avril 2012 après une longue lutte contre le cancer et, de là-haut, il est encore «en train» de se préparer pour son «shift» et il veille sur ses confrères et consœurs afin que justice soit obtenue.

On ne lâche pas!