L’égalité ne s’obtient pas dans les alcôves feutrées

Jean-Pierre Joncas, ing.
Beresford

Comme je le prévoyais, le château en Espagne du bilinguisme collectif du Nouveau-Brunswick reposait sur des piliers fissurés dès le départ.

À faire le dos rond pour amadouer Fredericton, l’élite acadienne se retrouve devant le dilemme «Réveille! Ou crève!». À visière levée, on finit par recevoir de la bouette dans l’œil.

L’approche de la SANB et de l’AFMNB à la veille de la révision de la Loi sur les langues officielles risque d’hypothéquer l’avenir de leurs concitoyens acadiens et de leur culture encore plus profondément que le Grand Dérangement, parce que nous prendrons le chemin des cales sans chaînes aux pieds, de notre propre gré.

Je suggère à la SANB et l’AFMNB de déclarer un moratoire sur leur programme Paysage linguistique jusqu’à ce que la révision de la Loi sur les langues officielles soit terminée et entérinée.

La meilleure nouvelle à l’heure actuelle à ce chapitre est l’arrivée d’une personnalité acadienne crédible dans la lutte des Acadiens pour l’obtention de l’égalité. Cependant, veuillez tous remarquer qu’aucun de nos représentants provinciaux a pris position sur le sujet. D’ailleurs, selon le reportage de Radio-Canada Acadie, la peur est encore au rendez-vous. Qu’on demande de fournir les adresses courriel des signataires, normal en soi, envoie aussi un message intimidant, à tout le moins.

Certains articles proposés par les organismes acadiens dans leur document de révision de la Loi sur les langues officielles devront être étudiés scrupuleusement et amendés ou modifiés avant d’être soumis.

L’égalité ne s’obtient pas dans les alcôves feutrées.