La seule solution pour tourner la page

Doria Mallais
Tracadie-Sheila

En lisant l’article de l’Acadie Nouvelle du jeudi 7 février présentant en entrevue le nouvel évêque du diocèse de Bathurst, Mgr Daniel Jobin, je demeure consternée par ses propos concernant les enfants qui furent abusés sexuellement par des prêtres et plus particulièrement celle-ci: «Oui, nous pensons aux victimes qui ont été blessées, mais les prêtres l’ont été aussi.»

Comment ose-t-il faire une telle association en matière de souffrance? Et que dire des silences complices? Combien de prêtres, même innocents, ont été abusés quand ils étaient jeunes? J’ai lu quelque part qu’il existe 21 centres de retraite et de repos pour les prêtres en Amérique du Nord, qui ont de la «misère» avec leur sacerdoce. Il n’y a pourtant aucun centre pour les victimes d’abus sexuels perpétrés par des membres du clergé!

Mgr Jobin indique dans cette entrevue avoir été nommé pour du nouveau et que le gros de la crise est passé au chapitre des abus au diocèse de Bathurst. Je lui ferai remarquer que l’archevêque Diarmuid Martin avait aussi été nommé pour du «nouveau» selon la charge que lui confia le pape en lui accordant le diocèse de Dublin, l’an passé. Ce dernier n’a pas tourné la page comme tente de le faire notre nouvel évêque, il a remis aux autorités tous les dossiers de prêtres fautifs, soit 65 000 filières. En agissant ainsi, «il a changé de livre», soit pour celui de la transparence et de la justice au profit de la société civile ainsi que pour faire acte de bonne foi envers les nombreuses victimes.

J’implore Mgr Jobin de remettre aux autorités, tous les dossiers sur les prêtres fautifs qui ont exercé dans le diocèse de Bathurst. Il est à souhaiter que le nombre soit moindre qu’à Dublin! Pour tourner la page, il lui faut faire la lumière sur ce que ses prédécesseurs ont voulu laisser dans l’ombre pour faire justice et redonner confiance en l’Église catholique!