Les bonis donnés aux employés de Service Canada les mettent en conflit d’intérêts

Par Daniel Legere
Memramcook

Les révélations du journal Le Devoir sur les bonis offerts aux employés de Service Canada s’ils dénichent des fraudeurs de l’assurance-emploi donnent froid dans le dos. Cette façon de faire de Service Canada met en lumière un manque d’éthique qui frise le conflit d’intérêts, une façon de faire sur laquelle devrait se pencher la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mary Dawson.
Selon Le Devoir et le chef intérimaire du Parti libéral fédéral, Bob Rae, les gestionnaires de Service Canada recevraient des bonis si leurs équipes parviennent à atteindre les objectifs de réduction de prestations d’assurance-emploi espérés par le ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada. Ces objectifs, rappelons-le, sont de l’ordre de 485 000 $ par année par enquêteur.
Dans un contexte où le gouvernement fédéral affirme que sa réforme de l’assurance-emploi est une façon d’assurer «l’intégrité du système», comment peut-il justifier de pareilles méthodes dignes de l’âge de pierre? Comment un fonctionnaire peut-il demeurer objectif dans sa recherche de fraudeurs lorsqu’on lui promet de l’argent s’il réussit à dénicher des prestations injustement versées? Et comment la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada, Diane Finley, peut parler d’intégrité lorsqu’elle refuse de donner toutes les informations demandées sur cet enjeu par l’opposition officielle et une partie de plus en plus importante de la population?
Les informations révélées sur ces bonis au journal Le Devoir et au Parti libéral par des employés anonymes de Service Canada sont une indication du malaise grandissant de ces employés à l’égard de cette réforme. Ils sont maintenant non seulement tenus de traquer les prestataires d’assurance-emploi, mais, en plus, ils doivent leur rendre visite sans les avertir et faire rapport chaque semaine des sommes d’argent retracées.
Depuis le 6 janvier, la fameuse réforme de l’assurance-emploi du gouvernement fédéral et de Diane Finley n’a eu pour effet que de susciter une grogne qui s’étend de jour en jour dans l’est du pays et de créer un niveau d’angoisse jamais égalé.