La santé mentale et les écoles

Carolle Haché
Intervenante scolaire
Moncton

Je travaille comme intervenante, depuis septembre 2012, dans une école primaire. Je travaille comme assistante à l’éducation depuis 2006. Auparavant, j’étais infirmière. Premièrement dans un hôpital, au département de travail et accouchement et aussi aux urgences à l’occasion. J’ai ensuite travaillé comme enseignante au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, en soins gériatriques, mais le besoin de soigner les gens me manquait. Je quitte donc ce travail pour travailler dans un foyer de soins pour personnes âgées, parce que je me disais que j’aurais plus de temps pour soigner le côté psychologique des personnes. Car, durant mon cours d’infirmière, on me disait que la guérison des patients dépendait de 50 % du physique et de 50 % du psychologique. Mais, à ma grande surprise, au lieu d’avoir cinq ou six patients, j’en avais 50 le jour et 200 la nuit. Mon plus grand travail alors consistait à donner des médicaments et de pratiquer des traitements. Alors au diable les soins psychologiques. J’en étais très déçue.

N’étant pas satisfaite de mon travail, je m’engage dans les écoles, car j’adore les enfants.

Ce qui m’emmène à mon emploi d’intervenante scolaire, où je dois aider à régler les problèmes de comportement à l’école. À ma grande surprise, depuis que je suis à ce poste, je fais de l’éducation sur l’amitié, la colère, les émotions, la politesse, l’intimidation, la tolérance, l’acceptation des différences, les préjugés, le racisme, les styles de personnalités, le respect, le bon joueur, la gestion du stress, etc.

C’est alors que je commence à me questionner. Comment se fait-il qu’il y ait un aussi grand manque à ces sujets? Je transfère cela à la société en général et je vois les fléaux du stress, des dépressions, des instabilités mentales et, dernièrement, de fous tireurs. Ce dernier élément m’a beaucoup touchée aussi, car nous avons eu une réunion concernant le verrouillage de l’école au cas où il y aurait un intrus dans l’école. Mais je me suis dit pourquoi on n’aiderait pas ces personnes qui ont de l’instabilité mentale au lieu de nous priver de notre liberté. Bien sûr, en prison, il y a de l’aide psychologique, mais je crois qu’il est un peu tard pour aider à guérir des problèmes d’enfance.

Qu’avons-nous fait pour notre santé physique dans nos écoles? Nous avons instauré des cours d’éducation physique, ce qui est très bien. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà soulevé une opinion comme celle-ci, mais qu’avons-nous fait pour notre santé mentale dans nos écoles? Ce qui est en ce moment un très grand fléau de la société. Presque rien! Pas de classe de psychologie. On a un petit cours de FPS (formation personnelle et sociale) ou on fait de petits projets, qui n’effleurent que très peu la psychologie, une fois semaine. Je suis quand même sûre que certains enseignants qui se sentent à l’aise dans ce domaine en font un peu plus, mais c’est loin d’être la majorité.

Alors qu’attend notre gouvernement pour instaurer une classe de psychologie pour les élèves de la maternelle à la 12e année?