Pour une plus grande place des infirmières praticiennes dans le système de santé

Kate Burkholder, IA MN IP, infirmière praticienne, Réseau de santé Horizon
Présidente, Infirmières praticiennes du Nouveau-Brunswick

La semaine du 6 au 12 mai a marqué la Semaine nationale des infirmières et infirmiers au Canada. Cette année, la semaine avait comme thème «Soins infirmiers: puissante force de changement», phrase qui souligne bien le rôle des infirmières qui sont pionnières du changement sur le plan des soins de la santé.

Il a s’agit d’une occasion parfaite pour considérer la contribution des infirmières praticiennes dans l’amélioration de la qualité des services de santé offerts à tous les Néo-Brunswickois.

La plupart des Néo-Brunswickois sont au courant des débats en cours dans la province sur les coûts de services de santé qui ne cessent d’augmenter et sur le besoin de s’attaquer aux enjeux entraînés par le gonflement du déficit budgétaire et de la dette. La plupart des Néo-Brunswickois, à mon avis, ne peuvent nier qu’il faut aborder le problème de coûts du secteur de la santé.

Facile à dire, certainement, mais comment s’y prendre? Doit-on parler de compressions plus importantes ou de meilleures efficiences, ou des deux?

Je crois que bien des gens du Nouveau-Brunswick sont de l’avis que ces deux facettes doivent coexister.

Je crois aussi qu’une des plus précieuses ressources afin d’arriver à de meilleures efficiences réside dans les infirmières praticiennes et le rôle qui leur est attribué. Voici pourquoi:

En ce qui concerne le temps d’attente, le Nouveau-Brunswick se retrouve au bas de l’échelle, se classant au 9e rang parmi les 10 provinces canadiennes. Près de 50 000 habitants du Nouveau-Brunswick n’ont pas de médecin de famille, ce qui veut donc dire que 12 % des Néo-Brunswickois doivent se tourner vers le service des urgences pour recevoir des soins. Au cours d’une année, près de 42 % de la population du Nouveau-Brunswick se présente à l’urgence alors que la moyenne au pays se situe à 24 %. En conclusion, notons qu’environ 65 % des patients reçus à l’urgence s’y présentent pour des cas moins urgents, ou pas du tout. Cela représente donc des pertes énormes causées par une inaccessibilité aux soins de santé primaires.

Toutes choses considérées, il faut essentiellement parvenir à une meilleure gestion et distribution des soins de santé au Nouveau-Brunswick et c’est justement sur ce plan que les infirmières praticiennes entrent en jeu.

Les infirmières praticiennes ont des études approfondies en science infirmière ainsi que plus d’expérience et de formation. Nous offrons une gamme de services de santé complets afin de pouvoir évaluer l’état de santé et soigner les maladies chroniques et graves avec une approche holistique. Nous faisons les examens médicaux, nous interprétons les résultats de tests demandés et nous administrons les ordonnances. Nous collaborons avec d’autres professionnels de la santé, tels que les infirmières immatriculées, médecins, travailleurs sociaux, etc.
Sous l’administration de l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, on retrouve actuellement 108 infirmières praticiennes dans la province, dont malheureusement seulement les trois quarts occupent leur poste.

Une meilleure gestion des infirmières praticiennes pourrait contribuer à une réduction des difficultés éprouvées dans le secteur de la santé, notamment en offrant une meilleure qualité de services tout en améliorant les conditions budgétaires.

Les temps d’attente seraient réduits dans les hôpitaux, dans les cliniques et chez le médecin, en plus de réduire le nombre de gens ayant recours aux services d’urgence et de traiter les cas urgents de façon plus efficace.

Bref, les infirmières praticiennes sont une ressource qui a le potentiel de relever la qualité des soins tout en s’attaquant aux pressions budgétaires provinciales. Compte tenu des différents défis présents, il nous faut davantage de postes d’infirmières praticiennes au Nouveau-Brunswick.

Ce changement nécessiterait un regard tourné vers des équipes interdisciplinaires de professionnels de la santé, comme à Oromocto, où une infirmière praticienne occupe un rôle actif dans les services de santé de la famille au sein d’une équipe en mesure d’assurer un service de soins complet aux gens de la région.

Le ministre de la Santé, Ted Flemming, avec lequel nous avons assisté à une réunion récemment, semble aussi voir les avantages considérables que peuvent apporter nos infirmières praticiennes.

Nous lui demandons donc maintenant, avec son ministère et la collaboration des réseaux de santé de la région, de faire une plus grande place aux infirmières praticiennes au Nouveau-Brunswick, pour offrir de meilleurs soins aux Néo-Brunswickois tout en améliorant la situation financière provinciale.

Il est grand temps que les communautés du Nouveau-Brunswick puissent bénéficier des soins et services des infirmières praticiennes de la province.