Service unilingue

Donald Arseneau
Charlo

En revenant du Mexique, le jeudi 11 avril, nous nous sommes arrêtés à Bouctouche pour souper. À ma grande surprise, la serveuse était unilingue anglophone, la musique était anglophone, le menu en anglais uniquement, les heures d’ouverture aussi affichées en anglais et le comble de l’insulte, le seul mot français était le mot poubelle. Est-ce que nous les Acadiens, francophones et Québécois sommes seulement bons pour la poubelle? Pourquoi ne réussissons-nous pas à nous faire servir dans notre langue?

Quel choc culturel! Ayant passé deux semaines au Mexique où les animateurs, le personnel et les serveurs nous ont parlé français tous les jours, je n’en revenais tout simplement pas. Les Mexicains, eux, ont compris que pour attirer des touristes francophones chez eux, il faut être capable de les servir dans leur langue.

Pourquoi nous, les Néo-Brunswickois, n’avons-nous pas la même ligne de pensée? Pourquoi dans une province officiellement bilingue ne pouvons-nous pas engager des employés ou des employées qui parlent le français et l’anglais?

À la suite de cela, je me pose différentes questions. Où sont les francophones dans le Sud-Est? Pourquoi ne pas exiger de vous faire servir dans votre langue? Je pense que plusieurs d’entre vous manquent de colonne vertébrale pour ne pas exiger d’être servis dans votre langue maternelle. Dans plusieurs restaurants, j’ai été témoin à maintes reprises que des francophones vivant à Moncton préfèrent s’adresser en anglais à une serveuse francophone. Quelle aberration!

Pour terminer, j’aimerais ajouter l’exemple suivant: la ville de Rimouski est aussi près du Restigouche que Moncton peut l’être et eux, ils ont compris le sens des affaires en nous servant dans notre langue. À la vitesse que vous êtes partis, que deviendra notre belle langue française? La langue de Shakespeare va-t-elle dépasser la langue de Molière? Il faut être aux aguets, car ça s’en vient. Réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard!