Les Sentinelles de la Petitcodiac encore oubliées

Gabriel Girouard
Moncton

En regardant le 130e projet approuvé au financement des fonds en fiducie pour l’environnement d’un montant de 30 000 $, il faut être naïf pour ne pas y voir une tractation douteuse. L’argent est donné à la Petitcodiac Preservation Association, filiale de la Lake Petitcodiac Preservation Association (LAPPA). La LAPPA est un groupe militant ouvertement contre la restauration complète de la rivière Petitcodiac par le retrait du tristement célèbre pont-chaussée. Depuis 2011, aucun argent n’est versé aux Sentinelles de la Petitcodiac.

Une vive opposition au projet d’ouverture des vannes du pont-chaussée provenait des habitants de la ville de Riverview, fief de la LAPPA, qui voyaient ainsi disparaître leur lac de rétention. L’ancien maire de cette ville, Bruce Fitch, devenu député, puis présentement ministre de l’Environnement du Nouveau-Brunswick, n’a jamais encensé le projet de restauration de cette rivière et se rangeait plutôt confortablement derrière ses électeurs qui pestaient contre la seconde vie que l’on s’apprête à donner à ce majestueux cours d’eau mondialement reconnu. On peut facilement y voir un octroi politique maladroit de financement de 30 000 $ envers la LAPPA et le capital politique pouvant en découler.

L’attitude déplorable de nos politiciens et du gouvernement dans ce dossier n’a rien pour apaiser le cynisme grandissant que l’on porte envers eux. D’avoir freiné le projet trop longtemps, ceux-ci porteront le blâme de leur inaction dans le grand réveil de la rivière Petitcodiac.