Le Sénat oui, mais pas à n’importe quel prix!

Hector J. Cormier
Moncton

Il serait regrettable que le Sénat canadien finisse par ressembler à une bande de chats, «bien fourrés, gros et gras», qui cherchent à embourrer leur crotte pour éviter que ça empeste trop. Je suis de ceux qui croient fermement que le Sénat se doit de demeurer un corps nommé plutôt qu’élu pour assurer la protection des minorités et défendre l’intérêt des provinces au cas où la législation proposée négligerait de le faire. Mais pas à n’importe quel prix!

Que des gens scolarisés viennent dire qu’ils ne comprennent pas un formulaire qui demande le lieu de la résidence principale et que, pour cette raison, ils réclament des déboursés importants auxquels ils n’ont pas droit, cela dégoûte. Qu’un Mike Duffy atteste que sa résidence principale se trouve à l’Île-du-Prince-Édouard alors qu’elle est bel et bien à Ottawa, cela est dégueulasse. Qu’il se fasse payer pour sa participation à des activités politiques, dit-on, par deux instances, soit celle du parti et celle du Sénat, cela mérite qu’on lui montre la porte.

Que Nigel Wright, chef de Cabinet démissionnaire du premier ministre, signe un chèque de 90 000 $, cadeau qui effacera la dette du bon sénateur pour éviter d’éclabousser le parti et le grand patron, cela est scandaleux. On se rappellera des publicités à l’américaine du Parti conservateur où un oiseau laisse échapper sa fiente sur les épaules d’un Stéphane Dion. Serait-on à assister à un retour d’ascenseur?

Quand ce sont des notables qui pataugent dans la boue, cela est pardonnable. Pierre Poilièvre parle «d’acte honorable». Mais si c’est un travailleur saisonnier qu’on soupçonne d’irrégularité, on expédie illico une armée de fonctionnaires. Beau principe d’équité comme base de la politique canadienne!