Une célébration seulement en anglais?

Benoît Duguay
Moncton

«2017 débute maintenant!» Pour un début, c’en est tout un! L’invitation de participer à une consultation – une de 12 rencontres pancanadiennes – sur la façon de célébrer le 150e de notre pays était pourtant belle. Elle m’avait été transmise par une représentante de Radio-Canada, partenaire de l’événement avec CBC et les Fondations communautaires du Canada. J’étais donc fier de pouvoir me joindre à la réflexion. J’en étais même très heureux.

Mais en arrivant sur le site de la rencontre – dans un chic hôtel de Moncton –, quelle surprise m’y attend; un beau document de 193 pages, unilingue «anglais» intitulé The Politics of Participation, Learning from Canada Centennial Year. Je crois avoir choisi la mauvaise table. Mais non, me dit-on, la traduction n’existe pas encore. J’ai écrit une «surprise», mais c’est plutôt une «insulte».

Pire encore, pour agrémenter la fête, voilà que le coanimateur francophone de la séance a livré quelques paragraphes de son laïus d’ouverture dans la langue de Shakespeare, alors que sa collègue anglophone a ignoré notre belle langue de Molière.

Les fêtes du 150e de notre pays vont-elles encore me rappeler que je suis seulement francophone minoritaire dans ce beau pays?

Pour un début, c’en fut tout un!

Je suggère tout de même à chaque municipalité de notre province de mettre sur pied, dans les plus brefs délais, un comité de planification qui verra à ce que nous puissions tous nous sentir des citoyens à part entière dans les célébrations à venir en 2017.