Les réelles intentions

Jean-Marie Nadeau
Président de la SANB

Danny Soucy, ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Division de la croissance démographique, vous serez certes d’accord avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick pour réitérer que l’immigration demeure un dossier très important pour la province du Nouveau-Brunswick. L’immigration francophone devrait être une des inquiétudes qui vous tient à cœur, étant donné que vous êtes francophone et ministre responsable de l’Immigration.

Les récentes compressions budgétaires draconiennes effectuées auprès des centres d’accueil francophones de la province étaient un peu attendues puisqu’elles coïncidaient avec la dernière année de la Feuille de route du gouvernement fédéral qui, de 2008 à 2013, englobait une enveloppe budgétaire de 10 millions $ gérée par votre gouvernement pour le rattrapage en immigration francophone au Nouveau-Brunswick.

Nous avions cru bon de ne pas réagir trop énergiquement à vos décisions en attendant la nouvelle feuille de route fédérale. Nous avons estimé tout simplement que votre ministère n’avait pas les fonds pour investir davantage afin de maintenir les services francophones mis en place grâce aux fonds fédéraux.

Cependant, M. le Ministre, nous avons appris que votre ministère a récemment été doté de fonds généreux de 2 millions $ pour l’établissement d’un centre interculturel à Fredericton. Vous comprendrez sûrement que, pour nous et la communauté acadienne et francophone, nous nous posons de sérieuses questions à savoir quelles sont vos réelles intentions quant à l’appui continu de votre ministère à nos centres francophones.

L’immigration francophone est une responsabilité de votre ministère. Nous tenons à vous rappeler que les fonds de la feuille de route ne sont là que pour appuyer ou soutenir des initiatives de rattrapage pour l’immigration francophone dans la province. Le gouvernement provincial est tenu par la Loi sur les langues officielles d’investir des fonds provinciaux dans l’immigration francophone afin de maintenir le poids démographique linguistique de cette province. Il va donc de soi que ces nouveaux arrivants puissent avoir accès à des centres d’accueil francophones afin qu’ils puissent s’intégrer pleinement dans la communauté acadienne et francophone dans toutes les régions de la province.