Un trésor dans un vase d’argile

Léon Robichaud, prêtre
Shippagan

En voyant venir mon 50e anniversaire de la prêtrise, je pense à la place du prêtre dans les années 1950 et qu’on avait isolé sur un piédestal.

Même sur son piédestal, il était la figure dominante avec l’instituteur et le maire de la municipalité.

Le prêtre connaissait ses concitoyens par leur nom et sa présence ponctuait leur vie: baptême, mariage, enterrement, etc.

En Acadie, comme ailleurs, il était la clé de voûte du village. Il était présent à tous les moments joyeux et douloureux de la famille.

Aujourd’hui, même si la société en général cherche à se passer de lui, son rôle est encore important pour les gens ouverts à la mission de Jésus. Présentement, de nombreuses personnes n’auront vu le prêtre qu’à Noël et à l’occasion des funérailles. Plus que jamais, le rôle du prêtre se situe sur une ligne de crête entre l’utile et l’inutile, la grandeur et la petitesse.

Avec l’expérience de mes 50 ans de ministère, dans des pays pauvres et pays riches, j’ai constaté que le sacerdoce est un trésor contenu en un vase d’argile, poterie sans valeur.

N’exigez pas du prêtre qu’il soit un modèle de perfection, un puits de sagesse ou un maître à penser. Plus que jamais, le prêtre, comme le coussin de l’auto, l’air dans le pneu ou le foyer dans la lunette, il paraît être invisible et inutile. Dans la réalité, c’est encore la personne disponible économiquement et qui permet à ceux et celles qui cherchent de trouver la liberté du coeur.

Lectrices et lecteurs aux grands coeurs, priez pour nous, les prêtres, et aidez-nous à devenir des hommes de joie et de sourire pour que la divine odeur de la terre soit mieux (perçue) sentie.