L’affichage unilingue

Alcide F. LeBlanc

Moncton

 

«Ça prend tout un village pour élever un enfant.» Voilà un noble proverbe sénégalais qui exprime une vérité fondamentale. Quand il s’agit d’éducation, ce proverbe inclut une responsabilité globale non seulement celle de l’école ou de la famille, mais de tout le village et même de la ville!

Tout récemment, un Starbucks Coffee s’est installé au centre-ville de Moncton en prenant bien soin d’exposer une affiche commerciale uniquement en anglais. Avec raison, l’un des conseillers municipaux de la ville, Pierre Boudreau, s’est fâché en constatant ce fait. Après tout, Moncton n’est-elle pas officiellement bilingue et n’emploie-t-elle pas la méthode douce tout comme l’avait fait pendant des années la Ville de Dieppe avant la venue du maire actuel! Voilà ce que donne cette méthode!

Peut-on blâmer la compagnie Starbucks? Pas du tout. Elle ne fait qu’imiter les autres commerces qui sont irrespectueux de la réalité linguistique, sociale et identitaire de la population.

Dans chacune de nos écoles, chaque jour de classe, la direction et le personnel s’évertuent à faire en sorte que les jeunes soient fiers de leur langue et de leur identité. On les encourage à apprendre et à maîtriser deux langues sans oublier que plusieurs élèves en étudient une troisième.

En s’affichant uniquement dans une seule langue officielle, les commerçants ne réalisent-ils pas qu’ils neutralisent les efforts louables du système éducatif?

Ne comprennent-ils pas non plus que les taxes qu’ils paient au gouvernement servent à instruire, à éduquer et à bilinguiser la jeunesse qui, un jour, pourra servir ses clients dans les deux langues officielles ce qui, dans bien des cas, est loin d’être une pratique commune et exemplaire. Demandez un simple café en langue française. Vous créerez une panique et vous paralyserez le service!