Une question de parti pris

Charles Doucet

Moncton

 

L’ancien premier ministre libéral Frank McKenna siège au sein du conseil d’administration de Canadian Natural Resources, la deuxième plus grande compagnie productrice de gaz naturel au Canada. Il ne peut pas, et ne parlera jamais contre la fracturation hydraulique ou le développement du gaz de schiste, pour des raisons évidentes. L’idée qu’il représente en quelque sorte un point de vue impartial dans le débat entourant le développement des ressources naturelles au Nouveau-Brunswick est risible. Il est porte-parole de l’industrie – rien de plus, rien de moins. Ce qui est peut-être plus important que les Néo-Brunswickois sachent, c’est que M. McKenna et le militant bien connu du Parti libéral Jean-Guy Richard représentent une faction de plus en plus vocale et publique du Parti libéral du N.-B. menant une campagne ouverte dans le but de renverser la politique du parti sur le développement du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick. Ceci est très différent, bien sûr, que la simple tenue d’une opinion différente de la direction du parti sur une question de politique publique. Ça nous confirme qu’il existe une profonde division au sein du parti, une division que le leader Brian Gallant est incapable ou refuse de réprimer en invoquant la discipline de parti. Cette division compromet gravement la crédibilité du parti sur le dossier des gaz de schiste. Ou bien, la possibilité existe que ces personnes «préparent la table» pour un flip-flop monumental par le PL – avant l’élection si nécessaire, mais plus probablement après si les libéraux forment le gouvernement. De toute façon, ça laisse les progressistes au sein du PL concernés par des questions telles que le développement durable et la lutte contre les changements climatiques avec un dilemme. Qu’est-ce qui est plus important: la loyauté envers notre parti ou la fidélité à nos propres principes?