Un bon frein contre l’intégrisme

Claude Snow

Caraquet

Je lève mon chapeau à la société québécoise qui est capable de faire un débat sur un sujet aussi important que les signes ostentatoires.

Il n’y aura jamais de bon moment pour le faire. Je n’ai jamais vu un gouvernement dire que l’économie était saine au point où il pouvait s’attarder à autre chose. C’est si facile pour les désengager de se rabattre sur l’économie pour dire que ce n’est pas le temps et étouffer ainsi les autres débats.

Je suis l’un de ceux qui croient qu’il est impossible de demander aux autres de sacrifier leurs coutumes et leurs moeurs à moins d’être prêt à sacrifier un peu des miennes. C’est le prix à payer pour que chacun ait une place dans une société égale et laïque.

J’essaie de minimiser l’importance de l’islamisme fanatique, mais je suis conscient que c’est un réflexe pour tenter de ne pas voir l’envergure du phénomène. Il y a une vague montante qui risque de nous envahir si on n’applique pas les freins. À mon avis, le projet québécois tente ultimement de freiner le port de la burka qui est la manifestation la plus outrageante de l’intégrisme islamique.

Étant donné que j’ai un penchant naturel pour la social-démocratie, que représente un peu le PQ, cela fait qu’au départ, je salue toujours ses initiatives, d’autant plus que Bernard Drainville gère le dossier d’une main de maître. Il réussit habilement à mettre les autres partis sur la défensive.

J’ai espoir que la charte des valeurs soit adoptée et que les autres provinces emboîtent le pas, sinon je serai extrêmement déçu. Si ce rêve voit le jour, le Québec aura encore une fois damé le pion aux badauds sur le plan national qui se contentent de parler sans passer aux actes.