La souffrance du chiac

Diane Thériault 
Bathurst

Depuis la diffusion d’un court métrage sur l’intimidation, tournée par les élèves de l’école Abbé-Landry de Memramcook, j’ai lu et entendu diverses opinions controversées à ce sujet.

Une lettre d’opinion intitulée «Le chiac nuisance à l’apprentissage?», écrite par un enseignant à la retraite de la polyvalente W.-A. Losier de Tracadie-Sheila, a retenu mon attention et fait naître mon questionnement.

Cette personne parle du chiac comme un mal qui grossit et qui est à ses yeux, un pas important vers une assimilation sournoise. À mon avis, il n’y a de sournois que la personne qui l’écrit et que le nom trahit en n’étant pas un Acadien de souche.

Le sujet controversé, mais très grave de l’intimidation dans les écoles n’est pas une question de langue, mais bien de survie. Le chiac est né et a été créé par la peur de parler français et justement dans le sud-est de la province, dans la ville la plus commercialisée de l’époque de nos grands-parents et arrière-grands-parents; soit Moncton.

Lorsque les pauvres Acadiens des régions avoisinantes de Moncton allaient magasiner chez Eaton, ils devaient parler anglais sinon ils ne se faisaient pas servir. Les Acadiens parlaient français tout bas entre eux se sentant constamment menacés par l’écrasante majorité anglaise.

Une personne qui habite au N.-B. depuis 1974 seulement et n’est pas originaire de l’Acadie ne devrait tout simplement pas émettre d’opinion sur le chiac sans connaître ses origines et ses causes à effets.