Plus d’interventions précoces

Par Claude Snow
Caraquet

Le père de Luka Magnotta, dans le cadre du procès de son fils, a dédramatisé la schizophrénie paranoïde en expliquant qu’elle peut se traiter et se contrôler à l’aide de médicaments.

Il n’a pas parlé de la psychopathie qui est un trouble de personnalité beaucoup plus grave. Le psychopathe est complètement déstructuré et manifeste un comportement antisocial, n’éprouve aucune empathie ni aucun remords et devient un dominateur intrépide qui ne le fait reculer devant rien. La sécurité d’autrui est évidemment en danger et il requiert habituellement l’internement.

Dans un cas comme dans l’autre, il faut des interventions, mais s’il n’y a personne pour intervenir? On aurait beau avoir tous les policiers aux aguets, ils ne peuvent rien faire tant que des gestes graves n’ont pas été posés. Ils l’ont bien expliqué ces derniers jours. Adopter une série de lois répressives et construire de nouvelles prisons n’est pas la solution non plus.

Les experts disent qu’il faut nécessairement se tourner vers les proches qui se rendent compte du changement du comportement, des gestes bizarres et des discours incohérents. Cela est juste puisqu’ils sont à même de faire ces observations, mais ils sont impuissants à agir. Ils doivent se tourner vers les services d’aide, mais ceux-ci sont de plus en plus rares et multiplient les critères d’exclusion. La porte est si étroite que presque personne ne peut entrer.

Voilà pourquoi il nous faut plus de services sociaux et de santé mentale, des fonctionnaires aux bras ouverts, des services gratuits et offerts dès les premiers symptômes pour pouvoir ainsi en réchapper le plus grand nombre avant qu’il ne soit trop tard.