Plus de soutien contre l’intimidation

Par Stéphanie Luce
Instigatrice de la campagne www.respectemacloture.ca
Cocagne, NB

Permettez-moi de lancer à vos lecteurs la réflexion qui suit, à l’occasion de la Semaine nationale de la sensibilisation à l’intimidation qui se déroule du 16 au 22 novembre 2014. 

Mes voisins sont la cible d’une odieuse campagne de harcèlement menée par leurs voisins.  Pendant trois ans, nous avons souffert avec eux en silence. Nous leur avons prêté notre soutien et avons réagi de façon réfléchie et pacifique, pensant qu’éventuellement, nous arriverions à accéder aux ressources pour nous aider à vivre plus paisiblement.

Cela ne s’est pas concrétisé. Nous continuons de vivre un véritable cauchemar. Depuis 2011, notre voisinage a été la cible d’insultes, de menaces, de harcèlement par le bruit et la fumée, de feux d’artifice dirigés sur la maison, de vandalisme. À peu d’exceptions près, le système juridique n’arrive pas à adresser ces comportements.

Comme société, nous avons compris que nous devons appuyer les jeunes victimes d’intimidation. Nous les écoutons, nous leur disons qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y a de l’aide, que ça ira. Mais les victimes d’intimidation ne sont pas toujours des enfants. L’intimidation rend les adultes tout aussi vulnérables. Les victimes n’arrivent souvent pas à voir au-delà de leur désespoir. Elles échouent dans leurs projets et leurs relations. Elles sombrent dans la dépression. Qui prend la responsabilité de s’assurer que l’aide soit là? 

Si vous pensez qu’il existe des solutions pour les victimes adultes d’intimidation, détrompez-vous. Partout où se tourne la victime, on lui dit qu’elle doit frapper à l’autre porte. Le système criminel dit que c’est civil, le civil dit que c’est criminel. L’intimidateur gagne parce que la victime s’épuise. Cela est inacceptable.

Si on veut appuyer les victimes d’intimidation, jeunes et moins jeunes, il faut d’abord oser exiger une culture de respect, et ça commence dans chacune de nos communautés. Je lance à tous les conseils municipaux et autres organismes locaux l’invitation de prendre une résolution formelle en faveur du respect. Les victimes d’intimidation sont dans nos communautés, alors, créons un espace de soutien pour eux.

Le but de l’intimidateur est de marginaliser sa victime. Aucun intimidateur n’est assez puissant pour marginaliser une communauté au complet.