Sortez de l’Ukraine!

Par Alcide F. LeBlanc
Moncton

Avant d’occuper la direction de notre pays, monsieur Stephen Harper n’aurait-il pas, en substance, énoncé  ce qui suit?: «Si je deviens premier ministre de notre pays, à mon départ, le Canada ne se ressemblera pas du tout.»

Si cette déclaration est moindrement véridique, on peut dire qu’il fut un grand prophète des temps modernes! Notre pays est bien différent de ce qu’il était sous les mandats de Louis Saint-Laurent, de Lester B. Pearson, lauréat du prix Nobel de la paix; de John Diefenbaker, de Pierre Elliott Trudeau, de Brian Mulroney, de Jean Chrétien ou des trois autres premiers ministres canadiens récents.

Ces leaders croyaient dans la diplomatie pour régler les problèmes; ils avaient un grand respect pour l’environnement; ils pratiquaient la neutralité dans les conflits entre les Palestiniens et les Israéliens; la pauvreté n’était pas le sort d’autant de Canadiens; les comptoirs alimentaires étaient presque inexistants, car la richesse était mieux distribuée; plusieurs avaient des rencontres fédérales-provinciales régulières en vue de résoudre les problèmes de nature complexe.

Prenons un seul exemple récent. Lors de la rencontre des leaders des pays du G20, en Australie, le vrai visage de M. Harper a encore fait surface. Après avoir serré la main à Vladimir Poutine, il osa lui dire: «Sortez de l’Ukraine.» Comme réponse, M. Poutine le ridiculise en lui répondant: «Je ne suis pas en Ukraine!»

Cette façon de faire n’est pas dans les mœurs canadiennes. Avec ses 35 millions d’habitants, le Canada n’est qu’une souris, tandis que la Russie, avec ses 145 millions, est un éléphant dangereux!

Ce langage provocateur est loin de nos valeurs canadiennes. Pour régler les problèmes internationaux, il faut du tact, du savoir-faire et non pas du «bullying» comme c’est le cas ici.