La dualité encore sous attaque

Par: Jean-Marie Nadeau
Moncton

On dirait qu’il y a plusieurs personnes qui s’entêtent à ne pas comprendre la dualité linguistique et l’égalité réelle. Si nos deux communautés linguistiques sont égales en loi, ça ne veut pas dire qu’elles sont équivalentes en réalité. La langue anglaise reste largement dominante en Amérique du Nord et dans le monde. Elle est une langue impérialiste, expansionniste, assimilatrice. Quant à la langue française, tout en étant une langue importante dans le monde avec près de 250 millions de locuteurs et avec un statut enviable dans les instances internationales, elle reste une langue nettement fragilisée en situation minoritaire. Pour la conserver et assurer son existence et son épanouissement, on doit prendre des mesures exceptionnelles et proactives comme des mesures constitutionnelles et la Loi 88 sur l’égalité des communautés linguistiques. On a procédé de la même façon pour tenter d’assurer l’égalité des sexes ou l’intégration des immigrants, en appelant cela des mesures de discrimination positive.

Les autobus scolaires homogènes relèvent de cette  logique. Que les Bruce Fitch, Dominic Cardy, Brad Woodside de ce monde, et même un Mario Charlebois, ne comprennent pas ça dépasse l’entendement, et ça me révolte et m’écoeure. Pire, quand certaines de ces personnes utilisent des mots comme apartheid et ségrégation pour illustrer leurs arguments dans un tel débat relève de l’irresponsabilité intellectuelle la plus abjecte. L’égalité des communautés linguistiques au Nouveau-Brunswick constitue un contrat social, et on est encore loin de l’égalité réelle. L’atteinte de cet objectif devrait être notre principale préoccupation, au lieu de répandre des chimères et de la bisbille comme certains s’ingénient à le faire dernièrement dans le dossier des autobus scolaires homogènes. Y en marre!