Bilinguisme et dualité linguistique: deux conditions incontournables

Par: Clément Loubert
Moncton

Récemment, des tensions sociales associées à la problématique du bilinguisme et de la dualité linguistique au Nouveau-Brunswick ont ressurgi. Le régime d’austérité proposé par le gouvernement suscite beaucoup de préoccupations. On cherche des solutions afin d’alléger le fardeau fiscal des citoyens.

Certaines personnes de la communauté anglophone semblent penser que l’application du bilinguisme et la dualité linguistique, comme c’est le cas au sein des ministères de l’éducation et de la santé, coûte trop cher et que des épargnes importantes pourraient être réalisées si ces programmes étaient abolis. Les porte-parole acadiens répliquent que le bilinguisme et la dualité sont protégés par la loi et qu’il n’est pas question de faire marche arrière.

Ces deux points de vue semblent irréconciliables, ce qui n’a rien pour apaiser d’importantes inquiétudes: d’une part, la crainte pour les anglophones de ne pouvoir occuper un emploi convenable faute d’être bilingue et, d’autre part, la crainte chez les francophones d’être victimes de l’assimilation à la culture anglo-saxonne.

Plusieurs semblent incapables de comprendre que le bilinguisme et la dualité peuvent contribuer à réduire les tensions sociales sans qu’il en coûte les yeux de la tête; c’est grâce à la mise en oeuvre de ces deux conditions importantes que francophones et  anglophones peuvent vivre en assez bonne harmonie dans le même espace social.

Le bilinguisme est un outil servant à communiquer avec la personne de l’autre langue officielle. Si les fonctionnaires, les ambulanciers, les professionnels de la santé et les policiers, entre autres, étaient bilingues, la crainte pour la personne unilingue que ses propres besoins ne puissent être considérés convenablement serait beaucoup amoindrie, surtout lorsqu’elle se trouve en état de vulnérabilité.

Par ailleurs, la dualité linguistique telle qu’appliquée aux ministères de la santé et de l’éducation fait en sorte que les gestionnaires à tous les niveaux administratifs ainsi que les intervenants dans ces ministères soient des personnes issues de la communauté francophone d’une part et de la communauté anglophone d’autre part.

Cette façon de faire garantit le respect réel de l’identité des communautés culturelles dans la planification et la livraison des services.

N’est-il pas rassurant de savoir que nos enfants fréquentent des écoles où l’ambiance culturelle favorise d’une façon pleine et entière leur épanouissement identitaire? N’est-il pas également rassurant d’être hospitalisé ou hébergé dans un établissement géré  par des gens de sa propre culture.

Le bilinguisme officiel et la dualité linguistique sont les deux conditions qui font en sorte que chaque personne au Nouveau-Brunswick, qu’elle soit francophone ou anglophone, puisse se sentir chez elle culturellement parlant.

Certains efforts sont déjà déployés pour qu’un jour encore plus de personnes du côté anglophone comprennent et acceptent cela.  Ces efforts seraient encore plus productifs si les leaders anglophones qui comprennent l’importance de cohabiter pacifiquement multipliaient leurs efforts afin de rallier les citoyennes et citoyens récalcitrants à la cause. Ils apporteraient ainsi une contribution utile en faveur d’une paix sociale plus durable.