Deux poids, deux mesures

Par: Hector J. Cormier
Moncton

Si vous êtes un haut fonctionnaire, une loi s’applique et, si vous êtes un humble citoyen, c’en est une autre? Vous pouvez frauder impunément dans un cas, et ce n’est pas grave, mais si vous êtes citoyen ordinaire, vous pourriez être accablé d’une punition pouvant atteindre 10 000 $. Pour s’en sortir, paraît-il, il s’agit de dire que vous n’étiez pas au courant qu’un tel geste puisse constituer un délit.

C’est ce que dit Anne Bertrand, la commissaire à l’accès à l’information et à la protection à la vie privée, relativement à la falsification d’une liste de visiteurs au camp de pêche Larry’s Gulch du gouvernement provincial par deux hauts fonctionnaires de l’État. Pourtant, c’est de la fraude, de la tromperie, mais sans conséquence lorsque perpétré par un sous-ministre. Quelqu’un peut-il me dire quelle sorte de justice cela est? Serait-ce ce qu’on appelle « deux poids, deux mesures »? Juger des choses avec partialité, selon des règles différentes?

Moi qui ai enseigné toute ma vie, et qui ai, à l’occasion, parlé de justice et de morale, qu’aurais-je eu à dire si l’événement s’était produit à de mêmes instants? Que nous ne sommes pas égaux devant la loi? Que cela dépend du statut social de chacun: dans le cas d’un haut fonctionnaire, rien de grave. Mais, malheur, aux humbles citoyens. Mieux vaut être né sous une bonne étoile?

Faut-il s’étonner qu’il y ait tant de cynisme? Que nous soyons si outrés devant de tels mépris de la loi?

Merci à l’éditorialiste François Gravel d’écrire de bons textes dans la colonne éditoriale (AN, 07-07-2015) et de dénoncer les entraves aux lois, auxquelles le commun des mortels, lui, doit se soumettre, et, ce, sans faute.